
Des chiffres accablants, des conséquences systémique
Les données du FMI et de la Banque mondiale, décortiquées par Jacques Sapir, sont sans appel. Même dans l’hypothèse d’un cessez-le-feu rapide, il faudrait deux ans et demi pour que la région ne retrouve que 80 % de sa production d’avant-guerre. Soit un manque à gagner permanent de 2,6 % de la production mondiale.
Les secteurs clés sont exsangues :
- Pétrole : -13 % (jusqu’à -40 % pour les qualités chimiques).
- Gaz : -20 %.
- Engrais : -40 %, une catastrophe pour l’agriculture mondiale.
- Hélium : -35 %, avec des répercussions sur les technologies médicales et industrielles.
- Aluminium : la région, leader mondial, plonge l’industrie dans l’incertitude.
Sylvain Ferreira martèle le message : il ne s’agit pas d’un choc passager, mais d’une hémorragie longue, avec des pénuries qui s’étaleront sur plusieurs années. Certains experts osent même évoquer un retour à la normale… dans cinq ans.
Le FMI anticipe le pire, l’Élysée fait semblant de ne rien voir
Les projections du Fonds monétaire international sont glaçantes :
- Scénario « adverse » : -0,85 % de croissance mondiale.
- Scénario « sévère » : -1,3 %.
Pourtant, Emmanuel Macron et son gouvernement persistent dans leur déni organisée, répétant à l’envi que « tout va très bien » — une rhétorique que Sylvain Ferreira compare, non sans ironie, aux assurances rassurantes du début de la « pandémie » de Covid-19.
L’Europe, otage de son propre dogmatisme
Selon Sylvain Ferreira, l’Europe est la première victime de cette débâcle. Pendant ce temps, l’Asie n’hésitera pas à absorber le surplus russe si Bruxelles persiste à bouder Moscou. Sa conclusion est sans appel :
« On ne s’en sortira pas. Il faudra, un jour ou l’autre, aller discuter avec Vladimir Poutine. On n’aura pas le choix. »
Sans levée des sanctions ni dialogue énergétique avec la Russie, l’Europe s’expose à des pénuries durables de carburant, d’engrais et de produits chimiques. Les conséquences ? Une agriculture asphyxiée (notamment dans l’océan Indien et aux États-Unis) et une économie à l’agonie.
La France : l’illusion jusqu’à l’été, le choc à l’automne
Pour l’instant, la France ne ressent pas encore les effets de la crise. Emmanuel Macron en profite pour maintenir son discours lénifiant. Mais Sylvain Ferreira prévient : entre fin août et mi-octobre 2026, le pays va connaître un réveil brutal.
- Inflation : entre 5 % et 6 % (les plus optimistes, comme Marc Touati, tablent sur 4 % — déjà insoutenable).
- Consommation : contraction inévitable.
- Croissance : après un premier trimestre 2026 atone, la France pourrait basculer d’une prévision initiale de +0,6 % à +0,8 %… à une récession de -1,3 % au second semestre.
Et Sylvain Ferreira de préciser : ces chiffres, aussi sombres soient-ils, restent modérés comparés aux prévisions les plus pessimistes.










