
Ces images ont été capturées lors d’une cérémonie de homecoming, ce rituel où Tsahal célèbre le retour de ses unités au bercail. Elles illustrent les opérations menées par l’armée israélienne dans le sud du Liban, où, sous couvert de sécurité, des bâtiments ont été rasés de manière systématique, à coups d’explosifs, de bulldozers et de frappes aériennes. Officiellement, il s’agit de neutraliser les infrastructures, tunnels et caches d’armes du Hezbollah, et de créer une « zone tampon » le long de la frontière. Une zone stérile, diront certains, où plus rien ne pousse, ni herbe ni espoir.
🔴🇮🇱🇱🇧 Des Israéliens regardent sur un grand écran des images documentant les destructions de villages du sud du Liban, accueillies par des acclamations. pic.twitter.com/KTl38gUdFt
— Les Spectateurs (@SpectateursFr) May 22, 2026
Une terre rasée, des vies brisées
Khiam, Taybé, Bint Jbeil, Deir Siryan… Les localités frontalières ont payé un lourd tribut. Des enquêtes journalistiques, étayées par des analyses d’images satellites, ont confirmé l’anéantissement de pans entiers de villages. Mosquées, habitations, écoles, infrastructures publiques : rien n’a été épargné. Pire, ces destructions se sont poursuivies bien après le cessez-le-feu d’avril dernier, comme pour achever ce que la guerre avait commencé. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait d’ailleurs annoncé fin mars 2026 son intention d’accélérer le processus dans les « villages de contact » à la frontière.
La version officielle et ses détracteurs
Des médias internationaux – France 24, Franceinfo, Le Monde, L’Orient-Le Jour – ont largement documenté ces démolitions massives. Depuis le début des opérations terrestres intensives en 2024-2025, ce sont des milliers de bâtiments qui ont été réduits en poussière. Israël, bien sûr, invoque la nécessité sécuritaire face aux attaques du Hezbollah depuis octobre 2023. Les frappes, assure-t-on, viseraient principalement des cibles militaires intégrées aux zones civiles. Une justification bien commode, qui omet soigneusement de mentionner les vies civiles balayées, les familles entières rayées de la carte.
Le bilan humain, toujours plus lourd
Ces destructions ont provoqué un tollé international. Pour beaucoup, il s’agit ni plus ni moins d’une violation flagrante du droit humanitaire, d’une stratégie délibérée pour rendre le retour des habitants libanais impossible. Des dizaines de milliers de personnes errent encore, déplacées, sans abri, tandis que leurs villages ne sont plus que des champs de ruines inhabitables. Et cette vidéo, diffusée lors d’un événement militaire, résume à elle seule l’ampleur de la dérive : le conflit israélo-libanais, déjà meurtrier, a fait plus de 3 000 morts côté libanais depuis octobre 2023. Un bilan qui, visiblement, ne semble émouvoir personne dans l’assistance.










