Depuis le début du mois d’août, la sécheresse et les fortes chaleurs obligent EDF à freiner sa production nucléaire. Les deux réacteurs de la centrale de Chooz, dans les Ardennes, et un réacteur de Cattenom, en Moselle, ont été mis à l’arrêt. Le débit de la Meuse et de la Moselle est devenu trop faible.
Ces mesures ne touchent pas à la sûreté des installations. Elles répondent à des règles environnementales strictes. Les centrales ont besoin d’énormes quantités d’eau pour refroidir les réacteurs. Près de la moitié de l’eau douce prélevée en France sert à cet usage. La quasi-totalité est ensuite rejetée dans les cours d’eau, mais plus chaude.
Deux systèmes coexistent. En circuit ouvert, l’eau est pompée en grande quantité puis restituée avec quelques degrés de plus. En circuit fermé, les volumes prélevés sont bien plus faibles, une partie s’évapore dans les tours aéroréfrigérantes. Dans les deux cas, la réglementation fixe des seuils. La température de l’eau rejetée ne doit pas dépasser certaines limites, et le débit du fleuve doit rester suffisant pour diluer ces rejets et protéger la vie aquatique.
Quand l’eau se réchauffe, elle contient moins d’oxygène. Les espèces qui aiment les courants vifs souffrent, au profit d’autres plus adaptées aux eaux calmes. Pour éviter d’aggraver ce déséquilibre, EDF doit baisser la puissance ou stopper purement et simplement. C’est exactement ce qui se passe actuellement à Chooz et Cattenom.
Selon franceinfo, quatre autres réacteurs, situés au Bugey, au Tricastin et à Saint-Alban, ont aussi dû réduire leur production ces derniers jours.
Le phénomène s’installe. Déjà fin juin, plusieurs unités avaient été stoppées pour les mêmes raisons, les périodes d’indisponibilité s’allongent et concernent désormais des sites jusqu’ici moins exposés.
EDF rappelle que, depuis 2000, ces pertes liées à la chaleur et au manque d’eau représentent en moyenne 0,3 % de la production annuelle. RTE assure que le réseau tient et que l’approvisionnement n’est pas menacé. La pression monte tout de même. Le nucléaire français, doit composer avec les rivières chaudes et capricieuses de l’été.










