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Après les coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, des militaires au Gabon déclarent « mettre fin au régime » d’Ali Bongo. À peine quelques minutes après l’annonce de la victoire d’Ali Bongo Ondimba pour un troisième mandat, ce mercredi 30 août 2023. Des militaires ont rapidement pris la parole à la télévision pour déclarer qu’ils prenaient le contrôle du pays. Cette déclaration a été suivie par des détonations entendues à Libreville, la capitale.
Ali Bongo, qui a dirigé le pays pendant 14 ans, succédant à son père, Omar Bongo Ondimba, qui avait dirigé le pays pendant 41 ans, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle de samedi avec 64,27% des voix. Cependant, un groupe d’une douzaine de militaires gabonais, identifiés par leurs bérets verts de la garde républicaine ainsi que des membres de l’armée régulière et de la police, a diffusé un communiqué sur la chaîne de télévision Gabon24. Dans ce communiqué, ils ont annoncé l’annulation des élections qu’ils ont qualifiées de « résultats tronqués ». De plus, ils ont dissous « toutes les institutions de la République ».
????????????#Gabon: des militaires annoncent à la télévision l’annulation du scrutin et la dissolution des institutions gabonaises. #Gabon23 #GabonElections #Gaboncoup pic.twitter.com/6C9uPThPwH
— LSI AFRICA (@lsiafrica) August 30, 2023
L’opposition dénonce depuis longtemps la perpétuation d’une «dynastie Bongo» qui s’étend sur plus de 55 ans. Le candidat de l’opposition, choisi seulement huit jours avant le scrutin, a eu peu de temps pour mener sa campagne avant cette élection à un seul tour.
????????????Les populations gabonaises marchent et chantent après le coup d’état au #Gabon. #GabonElections #GabonCoup pic.twitter.com/KMIro2vdVb
— LSI AFRICA (@lsiafrica) August 30, 2023
Un représentant du groupe a déclaré que leur action était motivée par la détérioration de la cohésion sociale sous le régime en place, qu’ils considèrent comme «irresponsable et imprévisible», menaçant d’entraîner le pays dans le chaos. Ils ont affirmé que leur intention était de « défendre la paix » en mettant fin au gouvernement actuel.
Les militaires ont appelé la population à la « sérénité » tout en soulignant leur engagement envers les engagements internationaux du Gabon. Ils ont également annoncé la fermeture des frontières jusqu’à nouvel ordre. En parallèle de leur déclaration, des tirs d’armes automatiques ont été entendus à Libreville.
Selon des sources proches du pouvoir, Ali Bongo serait au Maroc avec sa famille.
En 2016, Ali Bongo avait remporté l’élection présidentielle avec une avance de seulement 5500 voix. Cela avait déclenché des tensions importantes, avec son principal opposant Jean Ping contestant les résultats et se proclamant président. Les violences qui avaient suivi à Libreville avaient causé plusieurs décès, les autorités rapportant cinq morts tandis que l’opposition mentionnait une trentaine de victimes, prétendant qu’elles avaient été abattues par les forces de l’ordre.
Une vague d’épidémies de coups d’État semble toucher l’Afrique… Se pourrait-il que cette contagion atteigne l’Occident ?
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