Le 18 novembre, l’ONG PAN Europe a dévoilé un projet de règlement européen qui modifie les règles encadrant les denrées alimentaires et l’alimentation animale, envisageant une simplification radicale des procédures d’autorisation. L’examen interne du texte Omnibus, mené jusqu’au 24 novembre, prépare sa présentation officielle le 16 décembre à Bruxelles, et laisse planer la possibilité d’une approbation des pesticides sans limite de durée.
Sous couvert d’efficacité administrative, la DG Santé a présenté au Conseil un rapport détaillant son intention d’accorder des approbations illimitées pour les substances actives des pesticides, accompagné d’une suppression des expertises nationales indépendantes et d’un allongement des dérogations permettant l’usage de produits interdits. Un cocktail explosif que PAN Europe juge taillé sur mesure pour l’industrie. Comme le rapporte Reporterre, cet assouplissement éviterait la réévaluation de molécules controversées telles que le glyphosate.
« La DG Santé tente de nous ramener plus de trente ans en arrière, vers une époque où la toxicité des pesticides était à peine évaluée, en négligeant la science et en privilégiant le profit », dénonce Martin Dermine, directeur exécutif de l’ONG. De son côté, Angeliki Lyssimachou, responsable sciences et politique, rappelle que « des pesticides hautement toxiques tels que le chlorpyrifos, le mancozèbe ou les néonicotinoïdes seraient encore en usage aujourd’hui ». Elle souligne que seule la recherche indépendante a permis de révéler « leur toxicité excessive ».










