
Un SMIC modulable : la précarité en kit
Pour Louis Sarkozy, le salaire minimum n’est qu’un « piège à pauvreté », un obstacle insurmontable pour les jeunes et les non-diplômés. La dignité, selon lui, ne se mesure pas en euros, mais en CDI – même si celui-ci ne permet pas de se loger. « Quelle dignité y a-t-il à vivre au RSA à 28 ans parce qu’aucune entreprise n’a les moyens de vous embaucher ? », a-t-il asséné, l’air de quelqu’un qui ignore jusqu’à l’existence des tickets resto. Sa solution ? Un SMIC modulable selon l’âge, la région, le secteur, négocié branche par branche. Les patrons paient moins, l’État complète avec une prime d’activité plus généreuse. Traduction : le contribuable subventionne la radinerie patronale.
🔴 La proposition choc de @napsarkozy : supprimer le SMIC pour lutter contre le chômage.
🗣️ « Notre SMIC est un crime social : un salarié sur six y est coincé. Il faut le remplacer par un crédit d’impôt sur les bas salaires. » #ApollineMatin pic.twitter.com/JZaMDujU0G
— RMC (@RMCInfo) May 18, 2026
L’expert en dérapages
Qui est donc cet apôtre de la flexibilité sociale ? Le même Louis Sarkozy, cet « héritier sans héritage intellectuel ». Celui dont la carrière fulgurante dans les médias et la politique ne doit absolument rien à son nom, à son réseau, ou à la complaisance de certains directeurs de chaîne. Un pur produit du mérite républicain, comme on dit dans les dîners en ville. Né à Neuilly-sur-Seine, parrainé par Martin Bouygues, admis au lycée français de Londres avec un passe-droit, puis au lycée français de Doha, il rejoint sa mère Cécilia Attias et son beau-père Richard Attias à New-York. Ce dernier est millionnaire et n’a jamais payé d’impôts, car il est résident à Dubaï.
C’est aussi celui qui, il y a peu, proposait, en cas d’arrestation de Boualem Sansal par l’Algérie, de « brûler l’ambassade », de stopper les visas et d’augmenter les tarifs douaniers de 150 %. Un simple « dérapage », comme on dit pudiquement quand on porte un costume sur mesure et un nom à rallonge.
L’humanité sarkozyste en action
Et surtout, c’est celui qui, sur LCI, a lâché sans sourciller : « Qu’ils crèvent tous, Israël fait le travail de l’humanité ! », justifiant au passage la mort de civils. Pas de remords. Pas de nuance. Juste cette élégance morale qui caractérise la dynastie Sarkozy.
Alors oui, supprimer le SMIC, pour lui, c’est logique. C’est cohérent. C’est la suite naturelle d’un parcours où l’on n’a jamais eu à se soucier du loyer, des fins de mois ou du prix d’un stage non rémunéré.
La fluidité du marché… et des consciences
Le jeune homme, qui n’a jamais eu besoin de « sa première embauche » – son carnet d’adresses tenant lieu de CV – propose donc de « fluidifier » le marché du travail. Traduction : rendre les travailleurs encore plus corvéables. On attend avec impatience ses prochaines propositions : la suppression des congés payés (« un frein à la productivité ») et des 35 heures (« Milton Friedman n’aurait jamais validé »).










