Une vaste étude menée dans 26 pays européens révèle que 70 % des sols sont contaminés par des pesticides, bien au-delà des zones agricoles. Pilotée par un consortium scientifique incluant l’université de Zurich et publiée fin janvier dans la revue Nature, cette recherche repose sur 373 prélèvements et l’analyse de 63 substances. Elle met en lumière une contamination diffuse, transportée notamment par les vents, et ses effets sur la biodiversité souterraine.
« Cela affecte divers organismes bénéfiques du sol tels que les champignons (mycorhizes) et les vers ronds (nématodes), et compromet leur biodiversité », explique Marcel van der Heijden. Les fongicides dominent les résidus détectés, devant les herbicides, dont le glyphosate, signe d’une pression chimique généralisée.
Le plus inquiétant, c’est que les pesticides ne se contentent pas de cibler des ravageurs, mais ils redessinent l’équilibre biologique des sols. « Les champignons mycorhiziens, essentiels à nos cultures, sont particulièrement touchés par les pesticides », alerte le même chercheur. Certains micro-organismes prolifèrent en profitant du déséquilibre, comme le souligne Julia Königer. Cela crée une altération des cycles nutritifs et une dépendance accrue aux engrais pour maintenir les rendements.
Comme le rapporte The Epoch Times, cette étude ouvre un angle mort majeur des politiques agricoles. Les sols, longtemps considérés comme un simple support, sont particulièrement fragilisés et ne s’arrêtent pas à la frontière des champs agricoles. Pour les chercheurs, il devient urgent d’intégrer ces effets invisibles dans les décisions publiques.










