
Netflix fait face à une vague de critiques amplifiée par Elon Musk et des influenceurs. Au centre de cette tempête : la série pour adolescents The Baby-Sitters Club (2020-2021), adaptée des romans d’Ann M. Martin. Accusée d’ « inciter les enfants au changement de sexe » et de promouvoir un « agenda woke », cette production est devenue un symbole des « guerres culturelles » autour de la représentation LGBTQ+ dans les médias pour jeunes. Mais qu’est-ce qui a vraiment déclenché cette polémique, et en quoi consiste-t-elle ? Décryptage factuel.
Un boycott lancé par Elon Musk
Tout commence fin septembre 2025, lorsque le compte Libs of TikTok reposte un extrait de The Baby-Sitters Club, datant de 2020. La vidéo montre une scène où une baby-sitter, Mary Anne, défend une enfant qui se pense transgenre contre ce qu’elle perçoit comme du « misgendering » [NDLR : le fait d’attribuer le mauvais genre à quelqu’un] à l’hôpital. Elon Musk, avec ses 227 millions d’abonnés sur X, réagit en appelant à « boycotter Netflix pour la santé de vos enfants ». Il cible non seulement cette série, mais aussi Dead End: Paranormal Park et d’autres programmes comme CoComelon, accusés de « pousser un agenda transgenre » via des thèmes inclusifs. La polémique a fait chuter l’action Netflix de plus de 2% en deux jours.
La scène incriminée
The Baby-Sitters Club suit un groupe d’adolescentes qui montent une agence de baby-sitting dans les années 1990. Classée TV-G (tout public), la série aborde des thèmes comme le divorce, le racisme ou la santé mentale. L’épisode 4, « Mary Anne Saves the Day », met en scène Bailey, un garçon qui se pense transgenre (fille) de 6 ans que Mary Anne garde. Atteinte de fièvre, Bailey est emmenée aux urgences. Là, le personnel médical utilise des pronoms masculins et propose une blouse bleue (« couleur de garçon »). Mary Anne intervient : « C’est une fille. Appelez-la ‘elle’ et donnez-lui du rose. »
Pour les critiques, cette séquence est « dangereuse » : elle humilie les adultes pour ne pas respecter l’identité de genre d’un enfant, et normalise la transition chez les mineurs, potentiellement influencée par des lobbies pharmaceutiques ou une idéologie « transactiviste ». Des posts sur X, comme celui de Pascal Laurent, affirment que la série « incite les enfants au changement de sexe », en la reliant à un « boycott nécessaire contre la propagande woke ».
🇺🇸 SUR NETFLIX, LA SÉRIE « THE BABY-SITTERS CLUB » INCITE LES ENFANTS AU CHANGEMENT DE SEXE.
Elon Musk a raison, il faut boycotter Netflix qui n’en n’est pas à son premier coup de propagande woke à destination des enfants. pic.twitter.com/scoH09hhfb— Pascal Laurent (@Pascal_Laurent_) October 2, 2025
La Dangerosité Alléguée
Les accusations de « dangerosité » reposent sur l’idée que ces représentations pourraient « pousser » les enfants à questionner leur genre, menant à des transitions regrettées ou à une confusion identitaire. Des posts viraux sur X, cumulant des millions de vues, parlent d’ »insanity » et de « grooming » (préparation à l’exploitation), reliant cela à une chute des naissances ou à des pressions sociétales. Une réalité qui sort de la bouche de la libertarienne de gauche, lesbienne, professeur de sciences humaines et des médias, Camille Paglia, qui a dénoncé avec réalisme la violence faite aux enfants à qui on fait subir des traitements de réassignation sexuelle.
Elon Musk, père d’un garçon devenu une fille trans, ajoute une couche personnelle en se confiant au psychologue Jordan Peterson sur l’impact de l’idéologie du genre sur son fils aîné, Xavier, qui se fait appeler aujourd’hui Vivian Jenna Wilson :
« J’ai été amené à signer des documents pour l’un de mes fils aînés. C’était avant que je comprenne ce qui se passait, et nous avions le COVID, donc il y avait beaucoup de confusion et on m’a dit que [mon enfant] pourrait se suicider. J’ai été trompé pour faire ça. J’ai perdu mon fils. »










