
Quand les fantasmes politiques débordent sur les réseaux sociaux, la justice, tôt ou tard, rattrape les pyromanes du clic. Ce mardi 27 mai, deux militants d’extrême droite, proches d’Éric Zemmour, ont été condamnés à deux et trois mois de prison avec sursis. Leur crime ? Avoir posté des vidéos dans lesquelles ils simulaient des tirs sur le président Emmanuel Macron, et deux figures de gauche : Raquel Garrido et Alexis Corbière.
Les faits remontent à décembre 2021, en pleine frénésie présidentielle, où le clash politique s’exportait jusque dans les recoins les plus sombres de Telegram et Twitter. Les deux hommes, visiblement galvanisés par la rhétorique musclée du leader de Reconquête, avaient jugé opportun de transformer la haine idéologique en mise en scène quasi-morbide.
⚠️ Vidéo : des militants d’extrême-droite, à nouveau, s’entraînent à tirer à l’arme lourde sur leurs « cibles » : @RaquelGarridoFr , le député @alexiscorbiere , les antifas, les « gauchistes, les marocains ou algériens…
C’est le résultat des discours à la Zemmour ou les Le Pen. pic.twitter.com/6tOEdAl90z— Raphaël Arnault (@ArnaultRaphael) December 20, 2021
La justice tranche
La décision judiciaire arrive après un parcours judiciaire à rallonge. Déjà condamnés en 2022 à de la prison avec sursis et à l’interdiction de porter une arme, les deux militants avaient été relaxés en appel, faute de preuves complètes dans le dossier. Une erreur que la Cour de cassation a jugé inacceptable, ordonnant un nouveau procès, cette fois avec toutes les vidéos sous les yeux. Résultat : re-condamnation pour provocation à commettre un crime et complicité.
Sur ces autres images obtenues par @Mediapart , un autre homme, qui affiche également son soutien à Eric Zemmour sur les réseaux sociaux, s’interroge arme à la main : « Ben voyons les amis, on va éclater qui là ? Du jeune gaucho, du jeune communiste, du jeune bougnoule mental ? » pic.twitter.com/KpeJ1FKVlc
— Sébastien Bourdon (@seb_bourdon) December 20, 2021
Militantisme, fantasmes et armes
Les deux hommes devront désormais ranger leurs fantasmes de justiciers digitaux, avec en prime une interdiction de port d’arme pendant deux et trois ans. Un détail rassurant, compte tenu de leurs pulsions scénarisées.
Éric Zemmour, quant à lui, avait tenté de couper court à l’affaire dès décembre 2021, publiant un communiqué où il « condamnait fermement » ces vidéos. Mais l’ombre de la responsabilité morale continue de planer. Car quand on souffle sur les braises de la haine politique, il ne faut pas s’étonner si certains finissent par allumer l’incendie.










