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Dissolution du Conseil départemental de l’Ordre des médecins de Paris : assainissement réel ou écran de fumée ?

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Le directeur général de l’ARS Île-de-France, Denis Robin, a officiellement prononcé la dissolution du Conseil départemental de l’Ordre des médecins de Paris (CDOM 75), à la date du 13 avril. Cette mesure rarissime fait suite au vote massif (à 90 %) du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) le 8 avril. Une délégation de quatre médecins assurera la transition jusqu’aux prochaines élections.

Un rapport de l’IGF qui étrille l’institution
Ce rapport accablant de l’Inspection générale des finances (IGF), rendu public fin mars 2026, a révélé des dysfonctionnements graves, indemnités et défraiements mal justifiés, dépenses élevées et mal contrôlées (avec des allusions à des achats de luxe), manquements aux règles de la commande publique. L’IGF ira même jusqu’à signaler ces faits au procureur de la République de Paris.

Le plus grave concerne la mission disciplinaire, des centaines de plaintes de patients s’entassent sans traitement rapide, menaçant la sécurité des soins. Des médecins pénalement condamnés pour des faits graves (homicide involontaire, détention d’images pédopornographiques, agressions sexuelles) continuent d’exercer sans suite disciplinaire. L’Ordre, financé par les cotisations obligatoires des médecins, est pourtant censé garantir la déontologie et protéger le public. Il aura fait l’inverse, culture d’impunité, opacité et gestion douteuse. Ce n’est pas une première, le CDOM 75 avait déjà été dissous en 2007 pour les mêmes raisons.

Un Ordre à deux vitesses
Si l’Ordre n’a pas hésité, pendant la crise Covid, à suspendre ou radier des médecins qui proposaient des traitements précoces ou alternatifs à leurs patients (comme l’hydroxychloroquine ou l’ivermectine), au nom du respect des « données acquises de la science » qui pourtant sans cesse évolue, il s’est en revanche montré beaucoup plus laxiste envers les graves manquements internes, ou les condamnations pénales de certains de ses membres. Cette partialité dans les sanctions a profondément entaché sa crédibilité.

La rupture sera-t-elle véritablement consommée, ou le système sera-t-il simplement recyclé ?
La question est légitime, qui va reprendre les rênes ? De nouvelles élections permettront-elles enfin une gouvernance transparente, rigoureuse et réellement indépendante ? Ou assistera-t-on à un simple replâtrage, avec les mêmes réseaux et les mêmes habitudes ? Le CNOM lui-même, qui a validé la dissolution, n’est pas au-dessus de tout soupçon dans d’autres critiques récurrentes sur le fonctionnement ordinal. Et rien ne garantit que les successeurs seront meilleurs. Le risque existe qu’ils soient même pires, si le renouvellement reste entre les mains d’un système qui a déjà montré ses limites. La dissolution est un coup de semonce, mais sans réforme profonde de l’ensemble de l’Ordre, elle risque de n’être qu’un écran de fumée. La donne est en train de changer et la médecine elle-même est en passe de se transformer. Il serait temps que l’Ordre reprenne forme humaine avant la destruction totale de la profession.

La dissolution, une bonne nouvelle pour la transparence… ? Elle révèle surtout les failles profondes d’un Ordre qui a trop longtemps fonctionné comme un club très fermé. À voir si le renouvellement sera à la hauteur.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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