
Une journée bien remplie
Ouaihid Ben Faïza, un des cent narco-trafiquants les plus dangereux, emprisonné dans la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) a obtenu de la Justice une autorisation de sortir dans le cadre d’un rendez-vous professionnel. Il n’est jamais trop tôt pour bien faire puisqu’il devait être libéré en 2029. Malgré un avis défavorable du parquet de Béthune et du directeur de la prison, un juge d’application des peines épaulé par la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Douai l’a laissé libre d’œuvrer à sa réinsertion sociale.
Le même jour, lors d’une opération anti-stup; les forces de l’ordre découvrent 400 grammes de cannabis, les clés d’un véhicule volé et une importante somme d’argent — 10 000 euros, dont une partie cachée dans les sous-vêtements d’une dame de 78 ans. Il s’agissait de la mère de Ouaihid Ben Faïza. Elle a été placée en garde à vue ainsi que deux de ses petits-fils. Ils ont tous été remis en liberté sans aucune charge retenue contre eux. Ouaihid Ben Faïza a regagné sa cellule à l’heure dite. Des sources proches de l’enquête affirment qu’il n’y a aucun lien entre ces deux événements.
Un dealer appelle trois fois le 17 pour se faire arrêter
Interpellé à Échirolles avec des produits stupéfiants, un homme de 23 ans, Isaac Mwanza, a été condamné à quatre mois de prison ferme. Il avait lui-même appelé la police pour se dénoncer, seul moyen d’échapper aux trafiquants qui le forçaient à vendre de la drogue. Au bout de trois appels il avait enfin réussi à se faire arrêter.
Campagne électorale à Paris
Les élections municipales auront lieu à partir du 15 mars 2026 à Paris. Le Conseil de Paris a donc décidé de restaurer l’hôtel de Fourcy, situé au 8, place des Vosges, à côté de la maison de Victor Hugo, et vacant depuis 2019. Il abritera 17 logements sociaux — ce qui est peu par rapport aux 300 000 demandes de logement social actuelles à Paris. Un contrat longue durée (65 ans) permettra à la Ville de rester propriétaire du bâtiment en confiant l’usage à un bailleur social. Coût des transformations : 7,6 millions d’euros, c’est le coût de la mixité sociale : « Il n’y aura pas d’hôtel 5 étoiles ni de résidence secondaire de milliardaire. Il y aura des éboueurs, des infirmières, des auxiliaires de puériculture », a déclaré l’adjoint au logement d’Anne Hidalgo.
Qui pourrait dire que la mairie ne favorise pas les pauvres ? La place des Vosges n’est pas la seule adresse privilégiée à servir d’alibi pré-électoral. Au 37 avenue Georges-V, 23 logements sociaux vont voir le jour (coût 48 millions d’euros). Ils permettront de loger des salariés de l’hôtellerie. Il n’est pas facile en effet de loger des domestiques près de l’habitation de leurs employeurs. C’est donc chose quasiment faite.
Poubelles d’Hidalgo et casseroles de Rachida Dati
Paris va devenir une ville propre, grâce à Rachida Dati qui s’apprête à délaisser le ministère de la Culture pour une place à la mairie de Paris. Le 21 novembre, on l’a vue ramasser les poubelles avec les éboueurs de la capitale et serrer la main d’agents et de passants. Elle fait l’objet d’une enquête judiciaire pour non-déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique de bijoux de luxe d’une valeur de 420 000 € selon Libération et de 600 000 € selon Blast. Elle sera jugée en septembre 2026.
Louis, fils de Sarkozy Ier, part en campagne à Menton
Louis Sarkozy, candidat à la mairie de Menton, dit vouloir une « immense simplification de nos routes » car « ce qui tue les automobilistes, c’est l’assistanat ». Il propose de « rendre au citoyen la pleine responsabilité de sa conduite, au lieu qu’il la délègue intégralement au Code de la route ».
« Quand il n’y a ni trottoir, ni feu rouge, ni ligne blanche, tout le monde fait davantage attention. »
Autre idée ingénieuse du candidat : envoyer des immigrés légaux et des petits délinquants à l’armée, via une loterie : « que la caserne serve à fabriquer des Français ».
Il ne manque plus qu’une mesure dans le domaine de l’écologie, au moins le temps de la campagne électorale. « Les villes devraient être construites à la campagne, l’air y est tellement plus pur », avait préconisé Alphonse Allais. Et pourquoi pas ?
Notre maître à penser nos factures
Ma dernière facture EDF comportait un camembert récapitulant l’ensemble des sommes payées sur l’année écoulée. Une moitié de taxes et contributions, d’un abonnement et d’une taxe sur les taxes (TVA), l’autre moitié étant la consommation. Or ma consommation a beau diminuer, ma facture n’arrête pas d’augmenter. Faut-il diminuer les taxes ? Pas du tout, selon EDF qui préconise plutôt de réduire les consommations inutiles. Alors, voilà son conseil, accompagné d’une petite illustration pour que je comprenne bien :
« Laissez refroidir les plats chauds avant de les mettre au réfrigérateur. »
Bête que je suis, je n’y avais pas pensé. C’est ce qu’on appelle l’État Providence. Lorsque Agnès Pannier-Runacher, ministre de l’Écologie en 2024, avait judicieusement conseillé de brancher la cafetière électrique sur la voiture électrique, j’aurais dû suivre ses instructions. Mais j’y pense : je n’ai pas plus de cafetière électrique que de voiture électrique. Et voilà comment, sans s’en rendre compte, on tombe dans le complotisme, et de là dans la dictature. Notre président nous l’avait pourtant bien dit :
« Si on veut rebâtir les choses dans notre société, on doit accepter qu’il y ait une hiérarchie des paroles. Je ne crois pas du tout à l’horizontalité là-dessus (…) Celui qui est maire, celui qui est député, celui qui est ministre a une légitimité ou une responsabilité. Le citoyen lambda n’a pas la même. Il doit y avoir une capacité à re-hiérarchiser les paroles. Ça, c’est fondamental. Parce que, sinon, le complotisme nourrit l’autoritarisme. »










