
L’anecdote, en apparence mineure, illustre une réalité plus large : en 2026, le nom de Dieudonné reste un marqueur infranchissable, une ligne rouge que même les « anti-système » n’osent plus franchir.
Une jeune femme, @Erga3x, que je découvre, a été renvoyée de @Frontieresmedia, un média qui se déclare « pro France aux Français ».
Elle est renvoyée pour avoir déclaré apprécier mes spectacles. Je partage la vidéo en question pour que vous vous fassiez une idée : savoir si… pic.twitter.com/NPHoIWeys3
— Dieudonné Officiel (@MbalaDieudo) April 14, 2026
Erga, victime collatérale d’une chasse aux sorcières moderne
Erga, chanteuse et figure émergente de la mouvance identitaire, collaborait régulièrement avec Frontières, un média fondé par Erik Tegnér, ancien de Livre Noir et proche de l’écosystème CNews/Bolloré. Le média, qui se présente comme « patriote » et « souverainiste », cible un public critique de l’immigration et des élites.
Tout bascule lorsque StreetPress, média d’investigation, auto-estampillé de gauche spécialisé dans la traque de l’extrême droite, met en avant une vidéo d’Erga (14 avril 2026) où elle affirme, sans détour : « Dieudonné est mon humoriste français préféré. » Précision cruciale : « Cela n’engage ni ma religion ni ma politique. »
Moins de 24 heures plus tard, Frontières rompt sa collaboration avec Erga. Motif invoqué : « Ce n’est pas notre ligne éditoriale. » Dans un podcast (Fumigènes), Erga minimise l’incident : « Ils n’ont pas cédé à l’extrême gauche. Ils ne veulent simplement pas s’entourer de gens qu’ils considèrent comme antisémites. » Son vrai reproche ? StreetPress, qu’elle accuse d’avoir « balancé » l’information pour nuire.
Dieudonné, jamais en reste, réagit sur X en dénonçant « l’union sacrée » entre StreetPress (à l’opposé idéologique de Frontières) et le média « patriote ». Marcel ironise : Erga en veut plus au messager qu’aux bourreaux…
Erga @Erga3x se fait virer comme une merde de Frontières pour avoir dit que son humoriste préféré est Dieudonné, et elle en veut à StreetPress d’avoir révélé l’affaire plutôt qu’à la lâcheté de @Frontieresmedia. Franchement, celle-là, je crois que c’est la meilleure. pic.twitter.com/TawBKYjHOr
— Marcel D. (@DubreuilhMarcel) April 13, 2026
StreetPress, ou l’art de se draper dans la vertu tout en servant les puissants
StreetPress n’est pas un média comme les autres. Fondé en 2009 par Jonathan Myara (alias Johan Weisz), il se présente comme « indépendant » et « engagé contre l’extrême droite ». Pourtant, ses financements jettent une ombre sur cette image.
Son fondateur a été membre de l’Ariane de Rothschild Fellowship, un programme des Fondations Edmond de Rothschild. Par ailleurs, StreetPress a bénéficié de subventions de l’Open Society Foundations de George Soros (349 500 euros entre 2016 et 2023, selon les déclarations officielles). Sans oublier les aides publiques du ministère de la Culture, YouTube, des fonds européens, Médiapart, etc.
Difficile, dès lors, de prendre au sérieux son discours « anti-capitaliste » ou « indépendant ». Dans l’affaire Erga, StreetPress a joué son rôle habituel : celui de chien de garde, forçant Frontières à agir. Résultat ? Gauche et droite, d’ordinaire ennemies, se retrouvent sur un point : Dieudonné est la ligne rouge, même pour ceux qui prétendent rire de tout.
Dieudonné, ou l’éternel épouvantail
Condamné à plusieurs reprises pour « propos antisémites » (injures, négationnisme par procuration, quenelle), Dieudonné reste un symbole. Pour ses partisans, c’est un humoriste qui défie « le système » et ses censures. Pour ses détracteurs (CRIF, gouvernement, médias mainstream, et désormais une frange de la droite identitaire), il incarne un antisémitisme masqué en provocation.
L’affaire Erga le confirme : la ligne rouge est la même à Frontières (droite) qu’à StreetPress (gauche). Aimer Dieudonné, « même pour l’humour », suffit à justifier une exclusion. Comme le souligne l’intéressé : « On peut dîner avec Jack Lang ou fréquenter Morandini, mais avouer un rire devant Dieudonné, et c’est la mise au ban immédiate. »
Ce que cette affaire révèle vraiment
. L’illusion du clivage gauche/droite : Frontières (proche d’ELNET) et StreetPress (financé par Soros et lié aux Rothschild) s’unissent pour exclure quiconque ne renie pas Dieudonné.
. La peur du « dieudonnisme » : chez les « patriotes », le risque d’être associé à l’antisémitisme l’emporte sur la liberté d’expression – ou même sur le simple goût artistique.
. La fragilité du « camp national » : Erga, pourtant alignée sur leurs combats, est sacrifiée sur l’autel de la respectabilité.
Erga a perdu un contrat, mais gagné en visibilité auprès de ceux qui refusent la censure. Dieudonné, lui, confirme une fois de plus que son nom suffit à faire tomber les masques. StreetPress et Frontières, malgré leurs postures opposées, ont prouvé qu’ils partageaient une même obsession : interdire de rire avec Dieudonné.
Une affaire en apparence anodine, mais qui en dit long sur l’état de la liberté d’expression en France. Récemment Guillaume Pley (Legend) et Franjo n’ont interviewé Dieudonné que sous couvert du droit de réponse (à Elie Semoun). On les félicite pour leur grand courage.










