
Un fidèle de la première heure lâché par ses maîtres
Âgé de 45 ans, ce républicain pur jus, candidat malheureux à deux reprises sous la bannière « America First », avait été nommé par Trump himself en 2025. Directement rattaché à Tulsi Gabbard, la patronne du renseignement, il incarnait cette frange de l’armée qui croyait encore que la politique étrangère américaine devait servir les intérêts des États-Unis, pas ceux de Tel-Aviv. Erreur fatale.
After much reflection, I have decided to resign from my position as Director of the National Counterterrorism Center, effective today.
I cannot in good conscience support the ongoing war in Iran. Iran posed no imminent threat to our nation, and it is clear that we started this… pic.twitter.com/prtu86DpEr
— Joe Kent (@joekent16jan19) March 17, 2026
La lettre qui brûle les doigts
Sur X, où l’en-tête officiel du NCTC donne à son texte un poids quasi atomique, Joe Kent ne mâche pas ses mots : l’Iran ne représentait « aucune menace imminente » pour l’Amérique. Pire, il dénonce une « campagne de désinformation » orchestrée par des responsables israéliens et leurs relais médiatiques aux États-Unis pour justifier l’injustifiable. Un scénario qui rappelle furieusement les mensonges ayant mené à la guerre d’Irak. L’ancien officier rappelle au passage que Trump, en son temps, avait su éliminer Soleimani sans plonger le pays dans un nouveau bourbier. Aujourd’hui, il supplie son président de « faire machine arrière » avant que le chaos n’engloutisse une nouvelle génération.
Deux semaines de guerre, un siècle de conséquences
Le conflit, ouvert début mars 2026, devait durer quatre à cinq semaines, le temps de « neutraliser » le programme nucléaire iranien. Les prix du pétrole flambent déjà, l’opinion américaine se déchire, et les corps commencent à rentrer. Mais au moins, Israël respire mieux.
Patriote ou traître ? La réponse tient au camp
Du côté de la Maison-Blanche, Trump liquide l’affaire : Kent est « faible sur la sécurité », point final. Laura Loomer, porte-étendard des faucons pro-israéliens, ressort des vieilles déclarations du démissionnaire sur la menace iranienne pour mieux l’accuser d’incohérence. Comme si la cohérence consistait à mordre à tous les hameçons qu’Israël agite sous le nez de Washington.
À l’opposé, les voix anti-interventionnistes (Jackson Hinkle, Dan Bilzerian, les frères Hodgetwins) saluent un « acte de patriotisme moral ». Tulsi Gabbard, elle, risque de passer un sale moment devant le Congrès : les fissures s’agrandissent au sein de l’équipe de sécurité nationale entre ceux qui veulent une Amérique d’abord et ceux qui préfèrent une Amérique pour Israël d’abord.
L’engrenage continue
Joe Kent est le premier à claquer la porte sur cette guerre. Son geste, sobre et brutal, pose une question que l’administration voudrait étouffer : pourquoi diable les États-Unis sacrifieraient-ils leurs soldats pour un pays qui se fiche éperdument de leurs morts ? La réponse tient dans sa lettre, lue 63 millions de fois en quelques heures. Mais les bombes, elles, continuent de tomber sur l’Iran.










