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Donc tant qu’une salle est pleine, on fait comme si les plaintes étaient en option ?

Karine Viseur explique qu’elle travaillait alors dans la communication autour du film Comme les 5 doigts de la main, dans lequel Patrick Bruel tenait l’un des rôles principaux. Ce jour-là, elle devait accompagner l’équipe du film pour une opération de promotion en Belgique. Dans son témoignage, elle raconte s’être retrouvée seule avec le chanteur. Elle affirme que la situation a rapidement basculé :

« Ses mains remontent sur moi, essaient de passer sous ma robe, sous mes collants. »

Elle dit aussi avoir été enfermée dans les toilettes par Patrick Bruel. Selon elle, il aurait cherché à l’embrasser et à la toucher malgré ses refus. Dans un autre témoignage rapporté par RTL, elle décrit une scène où les « non ont été dits en permanence ».

« Je suis prisonnière parce que la porte est fermée »

Karine Viseur décrit un moment où elle se serait sentie piégée. « Je suis prisonnière parce que la porte est fermée, je suis adossée contre cette porte », raconte-t-elle.

Elle affirme que Patrick Bruel aurait tenu un discours seul, comme si son accord était acquis. « Mais je sais que tu vas aimer. Tu attends ça comme moi depuis ce matin ».

L’attachée de presse explique avoir d’abord porté plainte quelques jours après les faits, avant de la retirer. Elle dit ne pas avoir eu, à l’époque, la force d’aller plus loin. « Je n’avais pas la carrure, l’aplomb, la confiance en moi à ce moment-là », confie-t-elle.

Pourquoi elle porte plainte quinze ans plus tard

Karine Viseur dit avoir décidé de reprendre la procédure après d’autres prises de parole publiques et après la publication d’un dossier de Mediapart consacré aux accusations visant Patrick Bruel. Le Parisien rappelle que plusieurs femmes avaient témoigné auprès de Mediapart au sujet de violences sexuelles présumées, que l’artiste réfute catégoriquement.

« Maintenant j’ai l’aplomb, la carrure. Je n’ai plus d’inquiétude pour ma vie familiale, professionnelle. Maintenant je peux le faire », explique Karine Viseur.

Pour elle, porter plainte n’est pas seulement une démarche judiciaire. C’est aussi une façon de ne plus garder le silence. « Porter plainte, c’est se libérer aussi. Et oser s’afficher et en parler », dit-elle. Elle espère que d’autres femmes pourront, elles aussi, parler ou déposer plainte si elles s’en sentent capables.

Un concert à Forest dans le viseur

Dans son témoignage, Karine Viseur évoque aussi le concert prévu à Forest, en Belgique, le 6 octobre. Elle dit avoir appris que le bourgmestre de la commune avait demandé son annulation.

Elle estime que ce type de position publique aide les plaignantes à ne plus se sentir isolées. « On se rend compte maintenant qu’on a raison de ne pas avoir peur », affirme-t-elle.

Elle ajoute toutefois qu’à ses yeux, Patrick Bruel aurait dû prendre lui-même la décision de se mettre en retrait le temps que la justice fasse son travail : « Ça aurait dû être Patrick Bruel qui décide de se mettre de côté, en retrait pour l’instant. »

La procédure suit désormais son cours en Belgique. Les déclarations de Karine Viseur devront être examinées par la justice, tout comme les réponses de Patrick Bruel et de sa défense.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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