
La parole continue de se libérer autour de Patrick Bruel. Cette fois, c’est Nina Goern, chanteuse du groupe toulousain Cats on Trees, qui raconte un épisode survenu en 2015, lors du tournage d’une émission télévisée.
Selon son témoignage sur Instagram, une consigne circulait au sein de son équipe pendant les répétitions : « interdiction formelle de laisser Nina seule avec lui ». Une phrase courte, brutale, murmurée en coulisses, mais suffisamment claire pour comprendre l’ambiance du moment.
« En 2015, nous chantions avec Patrick Bruel dans une émission de télévision. Nous reprenions un morceau des Innocents. Nous sommes arrivés tôt le matin pour les répétitions. Et là, discrètement, un mot a circulé dans mon équipe, glissé à voix basse mais très clairement : “Interdiction formelle de laisser Nina seule avec lui.” Ce réflexe de vigilance, cette stratégie discrète pour éviter qu’une situation ne dérape, en disaient déjà tellement long… »
Nina Goern ne décrit pas une agression dont elle aurait été victime ce jour-là. Elle parle plutôt d’un climat, d’une précaution prise autour d’elle, comme si certaines personnes savaient déjà qu’il valait mieux ne pas prendre de risque. Son témoignage s’ajoute à ceux d’autres femmes ayant pris la parole ces dernières semaines.
Patrick Bruel est aujourd’hui visé par plusieurs procédures. Le chanteur fait l’objet de quatre enquêtes en France pour viols, ainsi que d’une enquête en Belgique pour agression sexuelle. Des concerts au Canada ont aussi été annulés dans ce contexte.
Parmi les femmes qui l’accusent figure Flavie Flament. L’animatrice a déposé plainte pour viol, concernant des faits qu’elle dit avoir subis lorsqu’elle était adolescente. Le dossier a pris une forte ampleur médiatique ces derniers jours, avec Florima Treiber « Miss Alsace 2007 » ou encore la chanteuse Lio et des appels à l’annulation de concerts.
La situation dépasse désormais le seul terrain judiciaire. Plusieurs élus locaux demandent une pause dans la tournée du chanteur, tandis que des militantes féministes réclament l’annulation de ses concerts. Le débat public s’enflamme, mais la justice, elle, suit son cours.










