Et si la personne la plus inattendue pour porter ce combat était justement celle qui a toujours défendu l’inclusion ? Tish Hyman, 33 ans, chanteuse R&B ouvertement lesbienne, habituée des marches des fiertés et des déclarations publiques en faveur des droits LGBTQ+, s’est retrouvée exclue de sa salle de sport le 3 novembre 2025. Motif : avoir dénoncé, avec véhémence, la présence d’un homme dans les vestiaires des femmes. Ironie du sort : ce sont plusieurs hommes membres du club qui sont intervenus pour défendre la chanteuse et lui prêter main-forte.
Les faits : une confrontation filmée et virale
L’incident se déroule à la Gold’s Gym Beverly Center, à Los Angeles. Tish Hyman se change dans le vestiaire féminin lorsqu’un individu – décrit par plusieurs témoins comme biologiquement masculin (personne transgenre) – entre, la suit du regard, puis l’insulte d’une voix grave : « Bitch ! ». Effrayée et nue, elle sort en courant vers la salle principale, alerte le personnel et filme la suite de l’altercation en dehors des vestiaires.
Dans la vidéo, devenue virale (plus de 4 millions de vues sur Instagram), on l’entend crier :
« Il y a des hommes avec de grosses bites dans les vestiaires des femmes ! On ne veut pas de ça ici ! »
Black woman who was kicked out of a Gold’s Gym in Los Angeles because she complained about a man using the women’s locker room.
Good for this woman and shame on Gold’s Gym.
She should sue both the man and the gym. https://t.co/CnUyoMebSU pic.twitter.com/7ZdDm5Dr8D
— Paul A. Szypula 🇺🇸 (@Bubblebathgirl) November 3, 2025
La police est appelée. L’individu est escorté hors des lieux. Mais c’est Tish Hyman qui est finalement expulsée par les forces de l’ordre, son abonnement révoqué sur-le-champ pour « perturbation de l’ordre public ». Le personnel, selon elle, avait ignoré plusieurs signalements précédents de femmes concernant le même individu.
Tish Hyman : une voix progressiste dans une position délicate
Tish Hyman n’est pas une figure anonyme. Nominée aux Grammy, connue pour des titres comme So Important, elle s’est toujours affichée comme une alliée de la communauté LGBTQ+. Sur ses réseaux, on la voit régulièrement soutenir les droits transgenres, partager des messages de solidarité et participer à des événements Pride.
Pourtant, c’est elle qui, ce jour-là, se retrouve au centre d’une tempête. Dans une story Instagram postée peu après, elle déclare, la voix tremblante :
« J’ai toujours défendu la communauté. Mais pas au prix de ma sécurité, ni de celle des autres femmes. »
Elle propose une solution pragmatique : des vestiaires neutres ou des cabines individuelles. Une position nuancée, loin des caricatures, mais qui lui vaut malgré tout des accusations de transphobie sur les réseaux.
Le silence du gym et la peur du procès
Gold’s Gym, récemment racheté par EōS Fitness, n’a publié aucun communiqué officiel. Des sources internes évoquent une politique stricte contre les enregistrements dans les vestiaires – bien que la vidéo de Tish ait été tournée dans la salle principale. D’autres pointent la loi californienne SB 396, qui impose l’accès aux espaces selon l’identité de genre déclarée, sous peine de poursuites pour discrimination.
Résultat : plutôt que de gérer un cas de harcèlement signalé à plusieurs reprises, le gym choisit de sanctionner la plaignante. Une décision qui, si elle évite un risque juridique, alimente la polémique.
Un débat plus large : inclusion vs. sécurité
Ce n’est pas un cas isolé. Aux États-Unis, des incidents similaires ont éclaté dans des chaînes comme Planet Fitness (2015), Wi Spa (2021) ou dans des prisons californiennes. En Europe, des solutions intermédiaires émergent : vestiaires « troisième genre », créneaux horaires réservés, ou cabines privatives – comme testé à Grenoble ou à Londres.
En Californie, bastion progressiste, les entreprises craignent davantage les accusations de transphobie que les plaintes pour atteinte à l’intimité. Un déséquilibre perçu par beaucoup comme un recul pour la sécurité des femmes et des mineures.
Réactions : soutien massif, mais fracture idéologique
Sur X, le hashtag #BoycottGoldsGym grimpe rapidement. Riley Gaines, ancienne nageuse et figure du mouvement pour la protection des espaces féminins dans le sport, partage la vidéo de Tish avec ce commentaire :
« Une lesbienne militante LGBTQ+ virée pour avoir défendu les femmes. Même les alliés finissent par voir la réalité. »
Des comptes comme Gays Against Groomers relaient l’affaire. TMZ et le New York Post en font leurs choux gras. Mais une partie de la gauche progressiste accuse Tish de « TERF déguisée (Trans-Exclusionary Radical Feminist → féministe radicale qui exclut les femmes trans des espaces) » – un reproche qu’elle rejette, tout en maintenant sa proposition de vestiaires inclusifs mais sécurisés.
This person told me HE was a woman and demanded that I leave the women’s locker room.
He said, “Straight women like dick, and they’re probably looking at me more than you 👀😭.”#GoldsGym staff said their hands were tied by law — they couldn’t make him leave. pic.twitter.com/wJV6mnhcCL
— Tish Hyman (@listen2tish) October 28, 2025
Pour l’instant, Gold’s Gym n’a pas répondu. Mais le débat, lui, est lancé. Et il ne fait que commencer.










