Une chaîne de production de munitions de petit calibre verra le jour sur le territoire national d’ici 2028. La ministre des Armées Catherine Vautrin l’a confirmé début avril en audition parlementaire, presque comme une bonne nouvelle. Le pays réarme, cartouche par cartouche, et le discours officiel s’en réjouit.
La France avait fermé cette usine au début des années 2000, une autre époque où sous-traiter à l’étranger ne posait de problème à personne. Vingt ans plus tard, le Covid et surtout la guerre en Ukraine ont servi de déclic. Mediapart rappelle que ce projet dormait depuis plus d’une décennie dans les cartons du ministère, entre études avortées et promesses non tenues. Il aura fallu cette volonté farouche de va-t-en-guerre européen pour qu’il ressorte, financé comme par magie.
80 millions d’euros ont été inscrits au budget 2026 des armées. Quatre industriels européens sont en lice, FN Browning en tête, qui installera sa ligne dans la Drôme via sa filiale Sofisport, précise Forces Operations Blog. Objectif affiché : 50 millions de cartouches de 5,56 mm et 7,62 mm par an dès 2029. De quoi équiper, en continu, une armée qui ne s’attend plus à une paix durable.
On appelle ça de la “souveraineté”, c’est plus présentable que réarmement. Le tout au milieu de hausses des budgets militaires, de relance de la fabrication de chars, de discours martiaux. La France ne se prépare plus à défendre la paix. Elle tente de se préparer à la guerre sans en avoir les moyens, ni financiers, ni militaires, et encore moins technologiques.
Les technocrates ne doutent de rien, surtout ceux qui n’ont jamais tenu de fusil.









