
1922 : quand le mercure montait sans CO₂
Du 21 au 31 mai 1922, la France a connu onze jours de fournaise. À Paris, le thermomètre affichait entre 35 et 36 °C. Une vague précoce et exceptionnelle pour un mois de mai, à une époque où l’on circulait encore en calèche et où l’empreinte carbone de l’humanité se résumait à celle des chevaux.
🌡️ Mai 1922, mai 1945, fin mai 1947 : la France a déjà connu des vagues de #chaleur remarquables avec jusqu’à 35-36°C à Paris, bien avant les années 1950.
Des épisodes historiques et documentés qui rappellent que les fortes chaleurs ne sont pas un phénomène nouveau. #climat pic.twitter.com/flvTr1MFBN— Association des Climato-Réalistes (@AssoClimatoReal) May 23, 2026
1945 et 1947 : la chaleur en temps de paix et de reconstruction
Du 12 au 18 mai 1945, juste après la capitulation allemande, nouvelle bouffée de chaleur : sept jours à 30-32 °C dans de nombreuses régions. Records pulvérisés à Lyon et dans ses environs. Les Français, sortis à peine de l’Occupation, trouvèrent presque ce temps rafraîchissant après l’enfer qu’ils avaient traversé.
Du 28 mai au 3 juin 1947, sept autres jours de canicule, avec 33 à 35 °C à Paris. Une avant-garde torride avant la grande fournaise de l’été 1947. Tout cela sans climatisation, sans réseaux sociaux et sans subventions pour les éoliennes.
Le diesel de Rudolf : coupable idéal ou bouc émissaire ?
Alors, la vraie question, entre deux verres de pastis bien frais : ces canicules du début du XXe siècle n’étaient-elles pas tout simplement la faute au diesel de Rudolf ? Oui, ce cher Rudolf Diesel qui avait eu la mauvaise idée d’inventer son moteur à la fin du XIXe siècle. Imaginez : des camions diesel crachant déjà leurs fumées noires sur les routes françaises en 1922, empoisonnant les blés dorés. Le réchauffement atmosphérique était en marche, bien avant l’invention du SUV.
On regrette presque que les Zones à Faibles Émissions n’aient pas existé à l’époque. Ah, si nos grands-parents avaient pu bénéficier de ces merveilles bureaucratiques ! Un bon arrêté préfectoral interdisant tous les diesels d’avant 1920 — ou d’avant 1910, pourquoi pas — des vignettes Crit’Air rouge sang, et hop, plus de canicule en mai. La planète sauvée par l’administration française, avant même que le problème n’existe. Les Parisiens auraient pu pédaler en 1922, et tout cela aurait été évité. Dommage, on a raté l’occasion de taxer les chevaux et de verbaliser les charrettes à bras.
Un détail qui dérange
Pendant que certains nous serinent que « c’est pire maintenant à cause de l’homme », permettons-nous de rappeler un petit détail : ces vagues de chaleur de mai se sont produites alors que l’humanité sortait à peine de deux guerres mondiales, que l’industrie était en ruines et que l’expression « empreinte carbone » aurait fait rire le plus sérieux des métallurgistes.
Le soleil, ce vieux complice
Mais continuez à paniquer. Nous, nous préférons nous souvenir que le soleil tape fort depuis des millénaires, que les saisons ont toujours été fantasques et que la France a survécu à tout cela sans taxe carbone ni vélo obligatoire.
L’année prochaine, on nous reparlera sans doute d’une « canicule jamais vue depuis… 1947 ». Ou 1922. Ou 1684, pourquoi pas. Mais chut, cela gâcherait le récit.
En attendant, hydratez-vous. Et surtout, n’oubliez pas : la planète se réchauffe depuis la fin de la dernière glaciation. Pas depuis votre dernier tweet. Ni depuis le diesel de Rudolf.










