
Chaque année, le calendrier politique connaît une curieuse coïncidence. Les annonces les plus délicates arrivent lorsque les Français se passionnent davantage pour la température de l’eau que pour les projets de Bercy.
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Selon les informations rapportées par RTL, le gouvernement travaille actuellement sur plusieurs mesures destinées à économiser 800 millions d’euros sur les arrêts de travail.
La première consisterait à soumettre les indemnités journalières à l’impôt sur le revenu. Ces sommes, versées aux salariés lorsqu’ils sont temporairement incapables de travailler, ne sont actuellement pas imposées. Une fois la réforme appliquée, tomber malade pourrait donc faire baisser simultanément le salaire et augmenter la facture fiscale.
Il fallait y penser : après avoir taxé le travail, la consommation, le logement, l’énergie et parfois même les pourboires, la Macronie s’intéresse désormais à la fièvre et aux lombalgies.
La Sécurité sociale paierait moins
Une seconde piste prévoit de diminuer le plafond des indemnités versées par la Sécurité sociale. Les employeurs seraient alors invités à compléter davantage les revenus des salariés absents.
Sur le papier, la facture changerait simplement de bureau. Dans la réalité, les entreprises pourraient chercher à limiter leurs dépenses, renforcer les contrôles ou considérer avec encore moins d’enthousiasme les salariés souffrant de problèmes de santé récurrents. Avec un âge de départ à la retraite entre 62 et 64 ans et une retraite à taux plein fixée à 67 ans, les arrêts maladie des salariés deviendront de plus en plus nombreux.
Ces mesures ne sont pas encore définitivement adoptées. Elles doivent être négociées avec les partenaires sociaux avant leur intégration éventuelle au prochain projet de budget. Mais leur présentation en plein cœur de l’été permet déjà d’habituer doucement l’opinion à la prochaine ponction.
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Les franchises médicales pourraient atteindre 200 euros
Les malades ne seront pas seulement sollicités par les impôts. Le gouvernement prévoit également de réduire la prise en charge de certains soins, pour une économie estimée à 1,2 milliard d’euros.
La ministre de la Santé a notamment annoncé le doublement du plafond annuel des franchises médicales. Aujourd’hui fixé à 100 euros, il passerait à 200 euros. Les patients supportent déjà une retenue de deux euros lors d’une consultation médicale et d’un euro par boîte de médicaments. Le plafond, lui, doit être relevé par décret durant l’été.
Autrement dit, plus vous consultez, plus vous payez. Un principe simple qui pourrait bientôt transformer la prévention médicale en activité financièrement déconseillée.
Une technique politique bien rodée
Cette méthode n’a rien de nouveau. Les ordonnances réformant le droit du travail avaient été préparées durant l’été 2017. La fin du bouclier tarifaire avait occupé celui de 2023. En 2025, François Bayrou avait choisi le mois de juillet pour dévoiler un plan de plusieurs dizaines de milliards d’euros d’économies.
« Les Français ont la tête ailleurs », résume RTL. Un responsable syndical estime de son côté que l’objectif consiste à « mieux faire passer la pilule du budget ».
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Pendant que les ministres peaufinent leurs projets à l’abri des regards, les Français peuvent donc profiter de leurs congés. À la rentrée, ils découvriront peut-être qu’ils avaient les pieds dans l’eau et la main de Bercy dans leur portefeuille.









