
L’entourage du patron de Renaissance a déclaré avoir été informé par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale d’« ingérences extérieures provenant de Russie et d’organes liés au pouvoir central russe ». À huit mois du premier tour, le candidat peut donc ajouter une ligne prestigieuse à son curriculum vitae : ancien Premier ministre, chef de parti et désormais cible officielle du Kremlin.
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Selon les informations rapportées le 5 août, l’opération aurait diffusé de fausses accusations visant Gabriel Attal. Viginum, le service français chargé de surveiller les ingérences numériques étrangères, l’attribue avec une « confiance élevée » au réseau prorusse Matriochka.
Une offensive massive, à condition de bien la chercher
Le principal détail est presque comique : ces opérations seraient restées peu visibles. Moscou aurait donc mobilisé son redoutable appareil de déstabilisation pour produire des contenus qui n’ont pratiquement circulé nulle part. Une sorte de bombardement numérique effectué dans une cave insonorisée.
Le réseau Matriochka est surveillé par Viginum depuis 2023. Son fonctionnement repose notamment sur des comptes coordonnés, de fausses vidéos attribuées à des médias et des sollicitations adressées aux journalistes ou aux vérificateurs d’informations. L’existence de ces procédés est documentée. En revanche, l’attribution précise des commanditaires repose sur l’analyse technique des services français, dont le public ne connaît pas toujours l’ensemble des éléments.
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Trois candidats et un ennemi extérieur très pratique
Gabriel Attal n’est pas seul dans cette étrange salle d’attente géopolitique. Raphaël Glucksmann et Édouard Philippe auraient déjà été ciblés par Storm-1516, un autre groupe présenté comme prorusse. À ce rythme, ne pas être attaqué par Moscou pourrait bientôt devenir embarrassant pour un prétendant à l’Élysée.
Le scénario est politiquement confortable. Une critique embarrassante peut être présentée comme une manœuvre étrangère, tandis que le candidat visé gagne instantanément le statut de rempart démocratique. Le contenu litigieux devient secondaire : l’annonce de l’ingérence occupe davantage l’espace médiatique que l’opération elle-même.
Cette communication mérite pourtant un peu de prudence. Signaler de faux contenus est légitime. Transformer chaque campagne marginale en assaut contre la République l’est beaucoup moins. La France possède déjà ses grands groupes médiatiques, ses milliardaires, ses réseaux d’influence et ses réunions discrètes. Elle n’a pas nécessairement besoin de Vladimir Poutine pour fabriquer une vie politique verrouillée.
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Pour l’instant, la fameuse opération russe aura surtout réussi une chose : offrir à Gabriel Attal une séquence médiatique nationale. Pas certain que ce soit exactement le résultat recherché par les stratèges supposés du Kremlin.










