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La paix en Europe ? Les 377 milliards d’euros de Berlin destinés à la Bundeswehr sentent plutôt la poudre

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La « culture de retenue » allemande, un concept dépassé par 377 milliards.

L’orgueil industriel teuton

Le vœu du chancelier Merz de bâtir « l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe » se mue en un catalogue d’acquisitions d’une exhaustivité remarquable. Le plan énumère :

. 687 blindés Puma et 561 systèmes de défense aérienne.

. Des stocks de munitions se comptant par millions.

. 14 milliards d’euros pour la conquête spatiale, dont une constellation satellitaire.
Près de la moitié des contrats, une manne de 182 milliards, irriguera le tissu industriel national, confortant une stratégie résolument souverainiste.

Rheinmetall, le cœur de la machine

L’essor de Rheinmetall incarne cette métamorphose. Ses actionnaires (Vanguard @ cie) ont vu le titre multiplié par vingt depuis 2022. Sous l’impulsion d’Armin Papperger, le chiffre d’affaires devrait quadrupler, porté par une marge opérationnelle de 20%. L’entreprise avale des usines et des talents, construisant méthodiquement un empire de la défense (ou de l’attaque ?). Une « irrésistible ascension » qui signe la fin du complexe militaro-industriel timoré d’antan.



Les alliances et les oublis

Le « made in Germany » n’exclut évidemment pas certains partenariats transatlantiques jugés indispensables. Washington décroche ainsi des contrats pour ses chasseurs F-35 et ses missiles de croisière Tomahawk. Pour la fabrication des drônes, qui seuls assureront la croissance du chiffre d’affaires, Rheinmetall a dû conclure un partenariat avec avec l’américain Anduril.

En revanche, le silence est assourdissant concernant la France, pourtant partenaire européen affiché. Aucune commande n’est prévue pour le Rafale, un camouflet qui interroge sur la solidarité continentale.

La chair à canon et la contrainte

Pour animer cette machine de guerre, Berlin prévoit de porter ses effectifs de 180 000 à 260 000 soldats. Le retour de la conscription, abolie en 2011, est sur toutes les lèvres. Dès l’an prochain, tous les jeunes hommes de 18 ans devront remplir un questionnaire. Si le volontariat s’avère insuffisant, un tirage au sort désignera ceux qui devront servir. Un débat qui divise la coalition au pouvoir, entre nécessité pragmatique et fardeau politique.

La guerre des étoiles a son vainqueur

Cette offensive stratégique n’épargne pas l’espace. L’annonce du transfert de l’assemblage du moteur Vinci de la France vers l’Allemagne est lourde de symbole. Ce sont 600 emplois qui quittent le berceau normand de l’aérospatial français, confirmant un rapport de forces désormais favorable à l’Allemagne au sein des programmes européens.

Un leadership qui s’assume

La cible de ce déploiement de forces est nommée sans détour : la Russie. Berlin justifie son ambition par l’impératif de dissuasion et le respect des engagements auprès de l’OTAN. Mais au-delà de Moscou, c’est une nouvelle carte du pouvoir européen qui se dessine. La France, évincée des contrats et bousculée dans ses bastions industriels, assiste, impuissante, à l’émergence d’un nouveau partage du monde qui dicte désormais son tempo.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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