
La manœuvre est grossière, mais révélatrice. À défaut de convaincre par la raison, les autorités misent sur la peur, ce vieux ressort des régimes en mal de légitimité. Quand les discours ne suffisent plus, il faut frapper fort, quitte à terroriser les citoyens pour mieux les soumettre.
La peur comme outil de contrôle
La stratégie est transparente : instaurer un climat de terreur pour justifier l’injustifiable. Sous couvert de « préparation », on normalise l’idée d’un conflit armé sur le sol français, alors même que la véritable menace se niche ailleurs. Pendant que l’État s’évertue à combattre des fantômes russes, les armes de guerre circulent en toute impunité dans les quartiers abandonnés. Des vies sont brisées chaque jour, dans l’indifférence la plus totale.
Quelle meilleure diversion, en effet, que de pointer du doigt un ennemi lointain et improbable ? Pendant que l’attention se focalise sur ces pantomimes militaires, les vrais problèmes – insécurité, pauvreté, délitement des services publics – continuent de gangréner le pays.
Un mépris affiché pour les citoyens
Le plus cynique dans cette affaire ? Le mépris assumé envers la population. Organiser des tirs en pleine rue, au mépris de la quiétude publique, relève d’une provocation pure et simple. Les enfants qui assistent, traumatisés, à ces simulacres agressifs en garderont-ils un souvenir ému de la « protection » de l’État ?
La peur est une arme, certes. Mais ceux qui l’utilisent oublient trop vite qu’elle finit toujours par se retourner contre ses manipulateurs. Les citoyens ne sont pas dupes : ils voient bien que derrière ces exercices ridicules se cache une volonté de les infantiliser, de les maintenir dans un état d’anxiété permanente.










