
Selon Alain Soral, la « trilogie allemande » constitue le message essentiel et subversif de Céline : les Allemands en furent les véritables victimes. Pour porter cette parole intolérable dans les années 50, l’écrivain a dû forger une langue à l’image du chaos qu’il dépeignait, une écriture « populaire » d’une « immense beauté » capable de restituer la sensation du monde vue « d’un mec de bistro ».
Cette posture, loin d’être un formalisme gratuit, était une nécessité vitale. Céline, en effet, paya le prix de sa lucidité : traqué, vivant dans la crainte permanente de l’assassinat – notamment par le Mossad –, il finit ses jours à Meudon, symbole d’une mise à l’écart politique et littéraire. Pour l’analyste, Céline est le « Balzac du XXe siècle », non par le style, mais par sa capacité à dire « toute la vérité par la littérature » sur une époque où le pouvoir avait « décidé d’exterminer sa population ». Son œuvre, en ce sens, reste un acte de résistance poétique et politique absolu.
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