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Le bras armé numérique de l’État israélien en Europe

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Entre faux sites, comptes fantômes et IA, Israël exporte sa recette pour corrompre la démocratie, de Paris à New York.

Un manuel de la désinformation made in Israël

Selon Viginum, le service français de lutte contre les ingérences, BlackCore a déployé un modus operandi dignes des services de renseignement : sites web frauduleux, armées de comptes fictifs sur les réseaux sociaux, publicités diffamatoires et campagnes de dénigrement ciblées. Une stratégie systématique, répétée de la France à l’Angola, en passant par l’Écosse et New York.

La question qui fâche : comment une entreprise privée peut-elle agir avec une telle impunité, si ce n’est avec la bénédiction – ou au moins la complicité passive – de l’État israélien ?

La France, cobaye de Tel Aviv

Lors des municipales de mars 2026, BlackCore a ciblé trois candidats de La France Insoumise (LFI) dans Marseille, Toulouse et Roubaix. Les méthodes ? Des accusations monstrueuses (pédophilie, agressions sexuelles) diffusées via des sites clônés, 138 comptes Facebook fictifs coordonnés, et des visuels générés par IA pour discréditer les opposants à la politique israélienne.

Une enquête de Libération et Haaretz a révélé que ces opérations étaient liées à des serveurs basés à Tel Aviv, avec des métadonnées en hébreu et des infrastructures partagées. Preuve que BlackCore n’agit pas seule.

Une toile mondiale, une impunité systémique

Viginum a confirmé que ce schéma s’est répété ailleurs :

  • En Écosse, où 256 comptes ont inondé les réseaux sociaux de propagande contre le Premier ministre John Swinney et le SNP, parti indépendantiste.
  • À New York, où Zohran Mamdani, candidat pro-palestinien, a été la cible de campagnes similaires.
  • En Angola et au Togo, où des sous-domaines de blackcore.online révèlent des contrats avec des gouvernements locaux.

Le rapport de Viginum est accablant : 1 600 comptes fictifs potentiels, réutilisés d’un pays à l’autre, comme une armée numérique au service d’intérêts opaques.

Des réactions officielles… mais pas de sanctions

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé des explications à Israël, avec une ironie amère : « Si un groupe français avait fait la même chose en Israël, leur ambassadeur serait déjà convoqué. » Sous-entendu : l’impunité israélienne est une règle, pas une exception.

L’ambassade d’Israël à Paris a nié toute implication, avec la formule creuse habituelle : « Israël n’a aucune intention d’interférer. » Une déclaration à prendre avec des pincettes, quand on connaît l’histoire du pays en matière de cyber-espionnage et de manipulation de l’information.



BlackCore : une disparition trop opportune

BlackCore, qui se vantait d’être « une entreprise d’influence et de guerre de l’information », a effacé son site web après les révélations de Reuters. Une fuite en avant classique, qui rappelle les méthodes des services secrets : nier, effacer, et attendre que ça passe.

À ce jour, aucun commanditaire n’a été identifié. Les enquêtes du parquet de Paris traînent, et les services de renseignement français semblent désarmés face à une machine de guerre numérique protégée par un État.

Un contexte géopolitique explosif

Ces révélations tombent à un moment où Israël est déjà sous le feu des critiques pour son génocide à Gaza. Coïncidence ? Viginum note que les cibles de BlackCore étaient souvent des élus ayant critiqué la politique israélienne. Hasard ou stratégie délibérée ?

Une chose est sûre : Israël a les moyens, l’expertise, et visiblement la volonté de manipuler les démocraties étrangères. Et tant que l’impunité persistera, BlackCore ne sera que la partie émergée de l’iceberg.



Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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