
Un manuel de la désinformation made in Israël
Selon Viginum, le service français de lutte contre les ingérences, BlackCore a déployé un modus operandi dignes des services de renseignement : sites web frauduleux, armées de comptes fictifs sur les réseaux sociaux, publicités diffamatoires et campagnes de dénigrement ciblées. Une stratégie systématique, répétée de la France à l’Angola, en passant par l’Écosse et New York.
La question qui fâche : comment une entreprise privée peut-elle agir avec une telle impunité, si ce n’est avec la bénédiction – ou au moins la complicité passive – de l’État israélien ?
I’m noticing a theme… everything Zionists have accused Russia of, Israel is actually involved in.
An Israeli citizen, Ori Solomon, was operating illegal bio labs in Las Vegas.
Now we learn Israel is interfering in elections.Color me shocked.
Bolshevism became Zionism. https://t.co/MTBWgrGk9q— Candace Owens (@RealCandaceO) June 13, 2026
La France, cobaye de Tel Aviv
Lors des municipales de mars 2026, BlackCore a ciblé trois candidats de La France Insoumise (LFI) dans Marseille, Toulouse et Roubaix. Les méthodes ? Des accusations monstrueuses (pédophilie, agressions sexuelles) diffusées via des sites clônés, 138 comptes Facebook fictifs coordonnés, et des visuels générés par IA pour discréditer les opposants à la politique israélienne.
Une enquête de Libération et Haaretz a révélé que ces opérations étaient liées à des serveurs basés à Tel Aviv, avec des métadonnées en hébreu et des infrastructures partagées. Preuve que BlackCore n’agit pas seule.
Une toile mondiale, une impunité systémique
Viginum a confirmé que ce schéma s’est répété ailleurs :
- En Écosse, où 256 comptes ont inondé les réseaux sociaux de propagande contre le Premier ministre John Swinney et le SNP, parti indépendantiste.
- À New York, où Zohran Mamdani, candidat pro-palestinien, a été la cible de campagnes similaires.
- En Angola et au Togo, où des sous-domaines de blackcore.online révèlent des contrats avec des gouvernements locaux.
Le rapport de Viginum est accablant : 1 600 comptes fictifs potentiels, réutilisés d’un pays à l’autre, comme une armée numérique au service d’intérêts opaques.
Des réactions officielles… mais pas de sanctions
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé des explications à Israël, avec une ironie amère : « Si un groupe français avait fait la même chose en Israël, leur ambassadeur serait déjà convoqué. » Sous-entendu : l’impunité israélienne est une règle, pas une exception.
L’ambassade d’Israël à Paris a nié toute implication, avec la formule creuse habituelle : « Israël n’a aucune intention d’interférer. » Une déclaration à prendre avec des pincettes, quand on connaît l’histoire du pays en matière de cyber-espionnage et de manipulation de l’information.
BlackCore : une disparition trop opportune
BlackCore, qui se vantait d’être « une entreprise d’influence et de guerre de l’information », a effacé son site web après les révélations de Reuters. Une fuite en avant classique, qui rappelle les méthodes des services secrets : nier, effacer, et attendre que ça passe.
À ce jour, aucun commanditaire n’a été identifié. Les enquêtes du parquet de Paris traînent, et les services de renseignement français semblent désarmés face à une machine de guerre numérique protégée par un État.
Un contexte géopolitique explosif
Ces révélations tombent à un moment où Israël est déjà sous le feu des critiques pour son génocide à Gaza. Coïncidence ? Viginum note que les cibles de BlackCore étaient souvent des élus ayant critiqué la politique israélienne. Hasard ou stratégie délibérée ?
Une chose est sûre : Israël a les moyens, l’expertise, et visiblement la volonté de manipuler les démocraties étrangères. Et tant que l’impunité persistera, BlackCore ne sera que la partie émergée de l’iceberg.










