
La blague qui cache la seringue
Cette mascarade de mauvais goût n’est pourtant pas qu’une incartade médiatique. Elle sert de paravent commode à une réalité sordide : le chemsex n’est pas un folklore de téléréalité, mais le loisir toxique d’une partie de l’élite. Tandis que Sébastien Chenu simule le dérapage, d’autres, dans son propre sérail, vivent le leur jusqu’à l’overdose. La plaisanterie, ici, n’est pas un accident. C’est un écran de fumée.
🚨ALERTE INFO
Le lapsus de Sébastien Chenu — « il y a du monde dans les soirées chemse… » — serait en réalité un faux lapsus, simplement une bonne blague prévue par le député..
On connaît tous ce pote qui sort des dingueries et qui finit par : « Non mais c’était une blague… » pic.twitter.com/tLdOXKGu7y
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) December 1, 2025
Les cadavres dans les placards de la République
Les noms s’accumulent, aussi divers que les étiquettes politiques. Laurent Caillaud, élu vendéen proche de Bruno Retailleau, retrouvé mort à Tours en septembre 2025, corps traversé par du GHB et de la méthamphétamine. Laurent Kupferman, essayiste et franc-maçon influent, mort dans des circonstances similaires à Fontainebleau. Chaque fois, le même scénario : des vies publiquement irréprochables, des morts sordides. L’hypocrisie n’est plus un travers, elle est un mode de gouvernance.
L’addiction comme programme politique
Le summum de la duplicité se niche peut-être dans le cas d’Andy Kerbrat. Le député LFI signe, le 17 octobre 2024, une pétition solennelle contre les dangers du chemsex. Le même jour, la police l’interpelle avec 1,35 gramme de 3-MMC sur lui, en route pour une “soirée”. L’aveu suivra : il est consommateur. Comme Nicolas Jeanneté, cadre du centre-droit, mis en examen pour trafic de 3-MMC et consultait des images pédopornographiques. La moraline en costard-cravate, le vice en sous-sol. Leur credo ? Faites ce que je dis, surtout pas ce que je fais.
Une indifférence d’État
Face à l’hécatombe, la réponse institutionnelle frise la parodie. Une résolution votée à l’Assemblée en mars 2025 pour une “stratégie nationale”, des moyens dérisoires, une prévention au rabais. On préfère réprimer le petit consommateur que s’attaquer au réseau qui corrompt les palaces parisiens et les bureaux ministériels. Les associations comme AIDES tentent, avec des kits de réduction des risques, de colmater les brèches. L’État, lui, regarde ailleurs. Trop occupé, peut-être, à peaufiner ses prochains “lapsus”.
Le pouvoir en descente
Le “faux lapsus” de Chenu n’est donc pas une blague. C’est le symptôme d’une classe politique en perte de substance, qui pense régler les drames par l’ironie et la dénégation. Elle rit du chemsex le jour et le pratique la nuit, signe des chartes éthiques d’une main, tient la seringue de l’autre. Il est temps de regarder en face cette génération d’élus défoncés, non plus par l’idéal, mais par la chimie. La République mérite-t-elle des représentants qui ne tiennent debout qu’à coups de dopants ? La question n’est plus morale. Elle est physiologique.










