
Un déjeuner parisien et ses lendemains qui déchantent
Mais c’est un autre épisode, plus discret, qui révèle les liens troubles entre Némésis et les cercles pro-israéliens. Le 18 mars 2026, Alice Cordier partageait un repas au Chinese Business Club, ce cercle parisien où se croisent entrepreneurs et personnalités influentes. À ses côtés : Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France et porte-voix zélé du gouvernement Netanyahou. La photo, publiée avec enthousiasme par Alice Cordier, la montrait « ravie » de ce déjeuner, remerciant « Son Excellence » pour un « soutien qui fait la différence ». Un ton presque diplomatique, comme si cette rencontre scellait une alliance objective contre l’islam radical.
Las. Sous la pression des réactions, la publication a été supprimée en urgence. Ce revirement a déclenché un feuilleton politique aussi absurde que révélateur. D’un côté, une partie de l’extrême droite française, mal à l’aise avec ce rapprochement, y voyant une trahison de l’image « gauloise » et souverainiste que Némésis prétend incarner. De l’autre, les soutiens pro-israéliens, agacés par ce recul embarrassé. Alice Cordier s’est ainsi retrouvée à mécontenter tout le monde : ses alliés historiques et ses nouveaux amis sionistes.
A la manifestation de Londres à l’appel de Tommy Robinson, le collectif français Nemesis est apparu sur la scène. On a déjà parlé du financement israélien de Tommy Robinson, et des contacts du collectif féministe Némésis avec l’ambassade israélienne.
Notez que Némésis ne dit… pic.twitter.com/z0ngmpya8h— Hervé Ryssen (@insoumix2) May 16, 2026
Tommy Robinson, les dollars sionistes et la cause commune
L’apparition londonienne de Némésis aux côtés de Tommy Robinson s’inscrit dans la même logique. L’activiste britannique, connu pour ses diatribes contre l’immigration musulmane et les « grooming gangs », a bénéficié à plusieurs reprises du soutien financier d’organisations pro-israéliennes. Le Middle East Forum (MEF), un think tank américain, a ainsi déboursé des dizaines de milliers de dollars pour ses frais de justice et ses événements. D’autres donateurs, comme le philanthrope Robert Shillman, ont également été cités pour leur générosité envers Robinson.
En participant à cet événement, Némésis s’ancre dans un réseau européen où les courants identitaires anti-islam trouvent un terrain d’entente avec les acteurs pro-israéliens. Israël y est perçu non comme un ennemi, mais comme un allié de circonstance dans la croisade contre l’islamisme, au nom de la défense d’une civilisation « judéo-chrétienne ».
Une stratégie qui divise et des contradictions qui dérangent
Ces liens – rencontre officielle avec Joshua Zarka, remerciements publics puis effacés, participation à un événement soutenu par des réseaux pro-israéliens – contrastent avec l’image « néo-nazie » que certains ont tenté de coller à Alice Cordier après des polémiques passées. Ils révèlent surtout une évolution : Némésis semble prête à accepter, voire à rechercher, des appuis venus d’Israël, quitte à créer des tensions internes.
Le collectif n’a jamais caché son positionnement fémonationaliste : un féminisme à géométrie variable, centré sur la protection des femmes européennes contre une « menace civilisationnelle ». Les faits récents montrent que ce combat passe désormais par des ponts concrets avec Israël et ses relais. La suppression hâtive de la photo avec Joshua Zarka et les divisions qu’elle a provoquées prouvent cependant que cette ligne est loin de faire l’unanimité, y compris au sein de l’extrême droite française.










