
Ce projet de dérégulation européen ne vise rien moins qu’à accélérer artificiellement l’évolution du vivant – déjà bien malmenée par soixante ans de blé téraploïde et de gluten en excès – tout en privant le citoyen de son unique bouclier : l’étiquetage. Les NGT1, miraculeusement promues au rang de plantes « naturelles », échapperaient aux contrôles et au droit à l’information, tandis que les NGT2, à peine plus surveillés, finiraient immanquablement par fusionner dans la même zone grise où se diluent déjà la transparence et le libre arbitre alimentaire.
Entre les lobbies qui défilent dans les couloirs bruxellois comme dans un hall de gare déserté par la démocratie, et une science qui réclame encore du recul face à des risques de mutations non ciblées, on assiste, impuissant, à la métamorphose d’une intoxication de masse en politique agricole officielle. Car après tout, pourquoi laisser le temps – dix mille ans, peut-être – à l’organisme humain de s’adapter quand on peut, d’un coup de ciseau génétique et d’un trait de plume technocratique, lui imposer l’indigestion comme horizon commun ?
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