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La politique commerciale de Trump redistribue les cartes : la mondialisation auto se réinvente sous la contrainte.

Volkswagen face au protectionnisme

Premier constructeur européen, Volkswagen, maison mère de Audi, est particulièrement touché par la hausse des droits de douane américains. Son modèle Q5 représente à lui seul un tiers des ventes d’Audi sur le marché américain. Oui, mais… ses moteurs viennent de Hongrie, ses transmissions d’Allemagne, il est assemblé au Mexique et moins de 2 % de ses composants sont fabriqués aux États-Unis ou au Canada. Cette mondialisation le rend vulnérable à trois barrières tarifaires.

  1. Un droit de douane de 25 % sur les véhicules importés et leurs pièces non américaines.
  2. Un second droit de 25 % imposé spécifiquement sur les importations mexicaines pour des raisons sécuritaires à la frontière.
  3. Une taxe de 2,5 % due au non-respect des critères de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les États-Unis, l’USMCA, renégocié par Trump.

Ces taxes cumulées atteignent 52,5 % du prix du Q5. Résultat : il devient quasiment invendable sur le marché américain,
Pourtant Volkswagen veut humblement faire « tout son possible pour rester un investisseur et un partenaire fiable aux Etats-Unis », selon les déclarations de son PDG. La firme envisage d’étendre l’usine de Chattanooga (Tennessee) ou de repenser son usine Scout en Caroline du Sud, pour un coût de 2 milliards de dollars — des mesures trop tardives pour contrer l’impact des nouvelles taxes.

Où en sont les autres constructeurs ?

Hyundai Motor a transféré la production de son crossover Tucson du Mexique vers les États-Unis.
Stellantis a perdu plus de 41% au premier trimestre 2025. Carlos Tavares a fui le naufrage avec un parachute doré de 35 millions d’euros.
Ford et General Motors sont également touchés. Leurs actions jouent au yoyo en fonction des déclarations de Trump sur d’éventuelles exemptions des droits de douane.

Le protectionnisme gagne du terrain

L’Inde taxe à 100 % ses importations automobiles. Les représentants de Narendra Modi et de Donald Trump sont en pourparlers pour ouvrir le marché local à Tesla, mais toute mesure qui rendrait les voitures importées moins chères se heurterait aux constructeurs locaux tels que Tata Motors et Mahindra. À moins que Tesla n’implante des usines de production en Inde…
Il est loin le temps de l’essor du libéralisme économique salué comme une délivrance du carcan du protectionnisme décrit par De Gaulle en 1965 :

« On restait là, sous la protection des douanes, et on vivait comme ça, à l’intérieur, confortablement. Et il y en a qui disaient que c’était la belle époque. Bien sûr, on ne se transformait pas, on n’évoluait pas. D’autres devenaient de grands pays industriels comme l’Allemagne, l’Angleterre qui avait commencé avant tout le monde, les États-Unis qui avaient entrepris leur essor. »

La Coccinelle Volkswagen a été la première automobile étrangère à s’imposer sur le marché américain. Cette publicité est dédiée aux nostalgiques de la voiture et du libéralisme.

Traduction
À ma femme, Rose, qui a dépensé son argent comme une dingue, je lègue 100 dollars et un calendrier.
À mes fils, Rodney et Victor, qui ont dépensé chaque centime que je leur ai donné en voitures de luxe et en femmes de luxe, je lègue cinquante dollars en pièces de dix cents.
À mon associé, Joules, dont la seule devise était « dépenser, dépenser, dépenser », je ne lègue rien, rien, rien.
Et à mes autres amis et proches qui n’ont jamais appris la valeur d’un dollar, je lègue un dollar.
Enfin, à mon neveu, Harold, qui disait souvent : « Un centime économisé est un centime gagné. »
et qui disait aussi souvent : « Tiens, oncle May, ça vaut vraiment le coup d’avoir une Volkswagen », je lègue toute ma fortune de cent milliards de dollars.



Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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