
Pour Pavel Durov, fondateur de Telegram, l’histoire ressemble plutôt à une opération de sabotage. Il affirme qu’un maître chanteur aurait déposé une image illégale modifiée par intelligence artificielle dans un ancien message d’un groupe public. La publication aurait été éditée discrètement, de manière à rester invisible aux membres du groupe et donc difficile à signaler.
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Un compte piégé, une application mondiale supprimée
Selon la version rapportée par The Verge, cette méthode servirait à extorquer les administrateurs de groupes. Le maître chanteur menace de provoquer la fermeture de leur communauté, voire le retrait de l’application entière, s’ils refusent de payer.
Apple aurait donc répondu à l’action d’un seul utilisateur en rendant Telegram introuvable pour de nouveaux téléchargements à travers le monde. Les personnes ayant déjà installé l’application pouvaient encore l’utiliser. Punition collective, mais avec service minimum.
Pavel Durov estime que cet épisode constitue un « risque systémique » pour toutes les plateformes accueillant des publications d’utilisateurs. Le raisonnement est difficile à écarter : si un individu peut provoquer le retrait d’une application en y dissimulant volontairement un contenu interdit, n’importe quel service peut devenir la cible d’un sabotage organisé.
Apple découvre soudainement la responsabilité collective
La fermeté affichée contre Telegram contraste avec le traitement réservé aux mastodontes américains. Facebook, Instagram ou X ont été confrontés à des volumes considérables de contenus sexuels, violents ou impliquant des mineurs sans disparaître automatiquement de l’App Store.
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Lors d’un procès tenu en 2026, des éléments présentés devant la justice américaine ont notamment suggéré que des centaines de milliers de mineurs pouvaient recevoir quotidiennement des messages sexuels inappropriés sur Instagram. Mark Zuckerberg lui-même a reconnu que les comportements criminels étaient inévitables sur des plateformes comptant des milliards d’utilisateurs.
L’argument peut s’entendre pour Meta, mais il devrait alors s’appliquer à Telegram. Une plateforme doit supprimer les contenus illégaux, coopérer avec les autorités dans le cadre de la loi et améliorer ses outils de modération. La retirer mondialement à cause d’un compte malveillant revient cependant à confondre l’auteur d’un crime avec le moyen de communication qu’il a détourné.
Le rêve des gouvernements autoritaires
Cette méthode offre aussi un scénario rêvé aux États qui souhaitent neutraliser Telegram sans assumer ouvertement une mesure de censure. Quelques faux comptes, des publications dissimulées, une campagne de signalements coordonnée et le tour est joué : la multinationale chargée de distribuer l’application fait le sale travail.
Les attaques contre Telegram ne passeront pas nécessairement par une interdiction officielle. Elles peuvent aussi prendre la forme de campagnes alarmistes réclamant sa désinstallation, relayées par des responsables politiques, des médias dociles ou des influenceurs trop heureux de réciter la fiche reçue le matin.
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Telegram est désormais revenu sur l’App Store. Le problème technique est réglé. Le précédent, lui, reste intact : un saboteur aurait réussi à faire disparaître momentanément une application utilisée par plus d’un milliard de personnes. Les prochains candidats à la censure savent maintenant quelle porte essayer.










