
Visas refusés, principes bafoués
Cette exclusion s’inscrit dans la continuité des refus de visas et des restrictions imposées par Washington à une partie de la délégation iranienne. Sous couvert de tensions géopolitiques et de politiques migratoires draconiennes, les États-Unis ont forcé Mehdi Taj, président de la Fédération iranienne, à accepter ce contournement. Ce dernier a beau souligner que Tijuana dispose de tous les équipements nécessaires, l’affront reste entier. Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, a donné son accord sans broncher, prouvant une fois de plus que la solidarité sud-américaine a ses limites face au dollar.
Dans un monde normal, la FIFA devrait sanctionner les Etats-Unis qui ne respectent pas les contrats/protocoles signés pour la Coupe du Monde en refusant d’accueillir normalement l’Iran qui aura finalement son camp de base au Mexique
J’ai arrêté de compter combien de fois les USA…
— Romain Molina (@Romain_Molina) May 25, 2026
La FIFA, complice passive des caprices américains
Dans un monde idéal, la FIFA sanctionnerait ces manquements aux règles qu’elle édicte elle-même. Mais voici longtemps que l’instance zurichoise a troqué son indépendance contre une soumission éhontée aux États-Unis. Les dérogations accordées à l’Oncle Sam n’ont aucun équivalent dans l’histoire récente : ni la Russie 2018, ni le Qatar 2022 n’avaient bénéficié d’autant de passe-droits. Pire, les politiques de visas américaines, déjà utilisées pour bloquer des officiels iraniens lors du tirage au sort, violent ouvertement les statuts de la FIFA, qui interdisent toute discrimination nationale.
Infantino, le valet de Trump
Ces entorses ne sont pas un hasard. Elles s’inscrivent dans une relation incestueuse entre la FIFA et les États-Unis, scellée sous la présidence de Gianni Infantino. Après le FIFAGate – cette enquête judiciaire américaine qui a ébranlé le football mondial et dont les racines remontent jusqu’aux salles de jeu de la Trump Tower –, l’instance a choisi la soumission. Déménagement de services clés à Miami, attribution du Mondial 2026 aux États-Unis avec des avantages inédits, alignement politique assumé… Infantino va jusqu’à militer pour un Prix Nobel de la paix pour Donald Trump, qu’il a déjà honoré d’un « Prix FIFA pour la Paix », sorte de Nobel bis. En échange, la FIFA bénéficie de l’impunité et de la protection de Washington.
Le football, otage des jeux de pouvoir
Un épisode résume cette collusion : un émissaire de Trump aurait suggéré à Infantino de remplacer l’Iran par l’Italie, pourtant non qualifiée. Si l’idée a finalement été abandonnée – Infantino a confirmé la participation iranienne, et Trump a lâché un « let them play » (« Qu’ils jouent ! ») condescendant –, elle révèle l’ampleur des pressions en coulisses. La FIFA, qui sanctionne sans pitié les petites nations pour des écarts mineurs, ferme les yeux quand il s’agit de ses alliés. Les équipes africaines, sud-américaines ou asiatiques concernées par les restrictions de visas observent, impuissantes. Le message est clair : les règles du jeu s’adaptent en fonction du poids géopolitique.
Le Mondial 2026, vitrine d’un football asservi
À quelques jours du coup d’envoi, le 11 juin prochain, l’Iran jouera bien. Mais dans des conditions dégradées, imposées par un pays hôte qui se prend pour le centre du monde. La FIFA, jadis garante d’une neutralité relative, n’est plus qu’un relais docile des intérêts américains. Le football, lui, en sort diminué, réduit au rang de monnayage d’influence. Bienvenue dans l’ère du sport-spectacle, où la balle ne roule plus que sous les bottes des puissants.










