Selon Que Choisir Ensemble, la grande distribution continue d’appliquer des marges très importantes sur les fruits et légumes bio. L’association y voit une politique tarifaire assumée, qui rend les produits sains moins accessibles et prive les producteurs d’une partie de la valeur.
Le bio a un prix, et une marge. Dans une étude publiée le 28 mai, l’association affirme que sur un panier de 24 fruits et légumes représentant 70 % de la consommation nationale, la marge brute de la grande distribution est en moyenne 81 % plus élevée sur le bio que sur le conventionnel. Les données utilisées viennent du Réseau des nouvelles des marchés, placé sous tutelle du ministère de l’Agriculture.
Non seulement la tomate bio coûte bien plus cher au consommateur, mais en plus ce surcoût ne revient pas d’abord au producteur. Que Choisir Ensemble estime que le prix agricole de la tomate bio n’est que 44 % plus élevé que celui de la tomate conventionnelle, tandis que la marge de la distribution grimpe de 113 %. Résultat, 73 % du supplément payé par le client viendrait de la marge commerciale. Pour la pomme bio, la marge brute atteindrait 2,51 euros par kilo, soit le double de celle observée sur la pomme conventionnelle. Pour un ménage moyen de 2,3 personnes, l’association chiffre le panier annuel de fruits et légumes conventionnels à 460 euros. En bio, il grimperait à 732 euros. Sur les 272 euros d’écart, les agriculteurs ne récupéreraient que 103 euros, contre 155 euros captés par la grande distribution sous forme de surmarge, selon les calculs.
Les grandes surfaces attirent le chaland avec des produits d’appel, souvent très transformés, qui sont vendus avec des marges faibles. Puis, les marges sont rattrapées ailleurs, notamment sur les produits frais. En clair, les produits les plus recommandés pour la santé sont les moins accessibles, au nom de l’économie.
Côté politique, le Sénat a publié ce mois-ci un rapport de commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution, présidée par Anne-Catherine Loisier et rapportée par Antoinette Guhl. Les sénateurs y décrivent une chaîne de valeur fragilisée par la guerre des prix, qui pèse sur les agriculteurs, l’industrie agroalimentaire et même certains distributeurs. Que Choisir Ensemble réclame que l’Observatoire de la formation des prix et des marges alimentaires étudie précisément la construction des prix du bio et publie les marges nettes par enseigne.










