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Les parcs éoliens offshore libèrent des substances chimiques “préoccupantes” dans l’eau

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Alors même que l’Europe mise sur l’éolien offshore pour verdir son électricité, une étude européenne rappelle que les turbines ne tournent pas sans laisser de traces. Peintures, anticorrosion, huiles et lubrifiants peuvent libérer des substances dans le milieu marin.

Au large de Saint-Brieuc, les éoliennes ont fini par sortir de l’eau. Longtemps contesté, souvent défendu, le parc breton est devenu l’un des symboles français de l’éolien en mer. Ses 62 mâts, répartis sur 75 km², affichent une puissance totale de 496 MW. Iberdrola assure qu’ils peuvent fournir l’équivalent de la consommation de 835 000 habitants.

Mais la mer garde les additions que l’industrie oublie parfois de regarder. Une étude publiée dans Marine Pollution Bulletin, menée dans le cadre du projet européen Anemoi avec l’Ifremer, l’institut belge ILVO et l’agence allemande BSH, a recensé 228 substances susceptibles d’être émises par les parcs éoliens offshore. Parmi elles, 62 sont jugées préoccupantes, car elles peuvent être toxiques, persistantes, bioaccumulables, perturbatrices endocriniennes ou cancérogènes.

Les chercheurs ne disent pas que toutes ces substances se retrouvent déjà dans l’eau bretonne à des niveaux dangereux, mais dressent une carte des risques. Les systèmes anticorrosion protègent les structures métalliques. Les peintures industrielles résistent au sel et aux chocs. Les lubrifiants font tourner la mécanique. Les fluides de refroidissement et les systèmes de sécurité complètent cette machinerie marine. À force de protéger les machines, on finit par exposer le vivant.

Avant la construction, le bilan environnemental du projet indiquait qu’aucune pollution n’avait été détectée au regard des 41 substances suivies par la directive-cadre sur l’eau, sur la station de prélèvement étudiée. Le même document prévoyait aussi de suivre l’impact des anodes sacrificielles, notamment sur l’aluminium, le zinc et l’indium dans les bulots, les coquilles Saint-Jacques et les tacauds. Autrement dit, le risque n’était pas ignoré.

Comme le rapporte Science et Vie, les chercheurs plaident pour des règles plus harmonisées en Europe. Ils demandent de mieux mesurer les concentrations réelles, d’abaisser les seuils de détection, de suivre les effets chroniques sur les organismes marins et d’intégrer ces émissions dès la conception des parcs. L’Allemagne impose déjà davantage de contraintes dans les dossiers d’autorisation. La France, elle, avance encore avec un cadre plus dispersé.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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