
Cette proposition, née des cendres du rapport accablant de 450 pages de la Chambre des communes sur l’enquête du meurtre de Daniel Morgan, vise officiellement à prévenir tout « conflit de loyauté » et à restaurer une confiance publique érodée. Daniel Morgan, dirigeant d’une agence de détectives privés, a été retrouvé mort, une hache plantée dans la tête, sur le parking d’un pub à Sydenham, dans le sud-est de Londres, en 1987. Au bout de cinq enquêtes pour un coût d’environ 40 millions de livres sterling, personne n’a été condamné pour ce meurtre. La famille de M. Morgan pense qu’il était sur le point de révéler des faits de corruption au sein de la police lorsqu’il a été réduit au silence. Le commissaire Sir Mark Rowley a présenté ses excuses et reconnu sa responsabilité, déclarant que l’affaire avait été « entachée par un cycle de corruption, d’incompétence professionnelle et d’attitude défensive qui s’est répété inlassablement ». La police métropolitaine a versé 2 millions de livres de dommages et intérêts à la famille.
Le syndicat des policiers et la Grande Loge d’Angleterre, étranges alliés dans la défense du secret, brandissent l’épouvantail de la vie privée et dénoncent une mesure « inapplicable », s’interrogeant avec une feinte naïveté sur les prochaines cibles — clubs de golf ou associations religieuses. Précisons que, pour faire partie d’un club de golf, l’appartenance à la franc-maçonnerie a longtemps été obligatoire.
Pendant ce débat d’un autre âge, l’institution policière tente, non sans mal, de concilier le respect d’une société discrète et l’impératif de probité, reconnaissant implicitement que les serments fraternels ont trop longtemps nourri l’opacité et le soupçon.
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