En Europe, les producteurs de pommes de terre font face à une surproduction historique qui sature le marché, fait chuter les prix et met en péril leurs exploitations. Agriculteurs, filière et institutions cherchent des solutions face à un déséquilibre entre offre et demande.
Dans le Nord, à Killem, Sébastien Andries observe ses hangars pleins à craquer, près de 200 tonnes immobilisées sans débouché. Comme lui, des centaines d’exploitants voient leur récolte se transformer en passif. « Heureusement qu’on avait de bons contrats », confie-t-il au Parisien, alors que la part non contractualisée de sa production ne vaut presque plus rien. L’abondance peut-elle devenir un piège ?
Selon le GIPT, la France a franchi les 8 millions de tonnes, tandis que le NEPG évoque près de 30 millions de tonnes à l’échelle du nord-ouest européen, en hausse de 10 %. Cette accélération, couplée à une demande atone et à un outil industriel encore insuffisant, crée un embouteillage inédit. The Epoch Times souligne ce décalage entre production agricole et capacités de transformation, qui écrase mécaniquement les prix. Sur le marché libre, certains lots s’échangent à des niveaux dérisoires, loin des coûts de production.
À cette crise interne s’ajoute une pression extérieure. L’euro fort, les barrières douanières américaines et la concurrence accrue de pays comme l’Égypte, la Turquie, la Chine ou l’Inde redessinent la carte mondiale de la frite. Résultat, les débouchés se ferment tandis que les stocks s’accumulent. Dans l’urgence, certains bradent à 15 € la tonne ou se tournent vers l’alimentation animale. « Vous prenez ce que vous voulez et vous donnez ce que vous voulez pour nous aider », lance Christian Roussel sur France Info. Mais même ces solutions atteignent leurs limites, tandis que plane une menace sanitaire liée au stockage prolongé. Reste un appel direct aux consommateurs : acheter local, consommer davantage, écouler ce trop-plein avant qu’il ne devienne un risque.










