
Une justice à deux vitesses
Mark Bonnick n’a pas baissé les bras. Après un appel interne rejeté le 14 février 2025, il a saisi le tribunal du travail britannique pour licenciement abusif et discrimination. Son argument ? Ses convictions anti-sionistes relèvent d’une croyance philosophique protégée par l’Equality Act 2010, un précédent judiciaire qu’il entend bien exploiter. Pourtant, la Fédération anglaise de football (FA), saisie de l’affaire, a conclu en février 2026 que ses publications ne violaient aucune règle. Peu importe : Arsenal a maintenu sa décision, confirmant ainsi son alignement sur les pressions extérieures.
Cet ancien cadre d’Arsenal explique comment le club londonien l’a licencié pour son soutien à la Palestine après y avoir été employé pendant 22 ans. pic.twitter.com/qJr5A7iLBZ
— AJ+ français (@ajplusfrancais) June 2, 2026
Le double discours d’un club en crise
Dans des entretiens accordés à Al Jazeera et Middle East Eye en mai et juin 2026, Mark Bonnick, 62 ans, assume sans détour ses prises de position : « Je regrette d’avoir perdu mon emploi, pas ce que j’ai dit. » Il dénonce un double standard criant : Arsenal s’affiche volontiers aux côtés de Black Lives Matter ou de la campagne Kick It Out, mais se tait – ou pire, réprime – dès qu’il s’agit de la Palestine. « Vous n’êtes pas autorisés à parler », résume-t-il, amer, le message envoyé aux employés du club.
Un procès aux enjeux bien plus larges
L’affaire Bonnick contre Arsenal dépasse le simple cas d’un homme licencié pour ses opinions. Elle interroge la place de la liberté d’expression dans le football, un milieu où les prises de position politiques des salariés et des supporters sont de plus en plus surveillées, voire étouffées. Alors que le club londonien vient de subir une défaite brutale sur le terrain de Budapest face au PSG, c’est sur le terrain judiciaire qu’il pourrait bien perdre une bataille bien plus symbolique. Le tribunal devra trancher : un club peut-il licencier un employé pour ses convictions, au nom de la réputation ? La réponse pourrait faire jurisprudence.
Arsenal, de son côté, se refuse à tout commentaire, se retranchant derrière une justification aussi vague que commode : « la réputation du club ». Une formule creuse, qui sonne comme un aveu de lâcheté.










