
Frédéric Bascuñana et Alexis Poulin l’ont maintes fois dénoncé : les révoltes modernes sont des produits de laboratoire, conçues pour échouer. L’astroturfing – cette technique de fabrication d’une opinion publique artificielle – n’est que la face visible d’une stratégie bien plus vaste. Derrière les fermes à trolls et les campagnes de désinformation se cache une cybernétique du chaos, où chaque mouvement social est analysé, anticipé, et surtout… neutralisé.
L’École de Palo Alto, souvent présentée comme un bastion de la psychologie humaniste, aurait en réalité servi de terrain d’expérimentation pour la CIA, transformant la compréhension des dynamiques de groupe en outil de fragmentation sociale. Le but ? Diviser pour mieux régner, en s’assurant que chaque soulèvement s’épuise dans le vide, sans jamais menacer l’ordre établi. Les révoltes ne sont plus des menaces, mais des valves de pression soigneusement calibrées. Et vous, le citoyen en colère, n’êtes qu’un acteur malgré vous dans ce théâtre de l’absurde.
Parmi les armes psychologiques de la CIA : l’arnaque de la double contrainte (double bind). Elle place le cobaye devant une fausse alternative qui le place en réalité en situation d’échec quel que soit son choix. Exemples :
Une vraie mère juive offre deux cravates à son fils, pour son anniversaire, une à pois, l’autre à rayures. Le lendemain, il porte celle à pois. Sa mère lui dit alors : “Ah, je savais bien que tu n’aimerais pas les rayures ! » Si le fils porte la cravate à pois, il aurait dû porter la cravate à rayures pour faire plaisir à sa mère. Mais s’il avait choisi de porter la cravate à rayures, nul doute qu’il aurait dû porter la cravate à pois, toujours pour faire plaisir à sa mère. Et le voilà pris au piège, dans une situation de non-gagnant.
Autre application : sans le savoir et sous prétexte d’aider un collègue, on lui dira : “Soyez naturel“. C’est un comportement qu’il est impossible de mettre en place sur commande. Cette injonction paradoxale amène l’effet inverse : un grand embarras.
Imaginons une élection présidentielle biaisée où le candidat présenté comme fasciste est opposé à un candidat équivalent mais présenté comme ni de droite ni de gauche… Les castors auront eu l’impression d’avoir évité la droite sans pour autant avoir choisi la gauche. Ils seront donc en échec quel que soit leur choix.
Une émission de plus de trois heures et demie décrypte tous les rouages de cette manipulation systémique :










