
Des faits graves, une réaction dérisoire
Dès septembre 2021, les premières plaintes tombent, lourdes et accablantes : viol sur mineure de plus de quinze ans, violences gynécologiques répétées, examens imposés sans consentement explicite. Le collectif Stop aux violences obstétricales et gynécologiques (Stop VOG) recueille près de 180 témoignages, tous plus glaçants les uns que les autres. Un rapport interne de l’AP-HP brise enfin le silence en employant le terme de « maltraitance ». Pourtant, fin 2021, Émile Daraï n’est que démis de ses fonctions de chef de service. Une sanction bien timide au regard des faits reprochés.
2021 #EmileDaraï chef du service obstétrique à l’hôpital Tenon a été mis en examen après 32 plaintes et 180 témoignages pour viol et violences gynécologiques concernant des femmes et des mineures.
Où en est l’enquête ?
Il continu d’exercer et de faire ses conférences !! pic.twitter.com/0qzKRUzO2C— 🔴 Team FS (@TeamFSociety1) May 24, 2026
Une justice lente, des mesures cosmétiques
Le 23 novembre 2022, le professeur est enfin placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de contacter les plaignantes et d’exercer en libéral. Mais il continue de consulter à Tenon. En février 2023, la chambre de l’instruction autorise même la reprise de ses consultations privées. À 69 ans, Émile Daraï exerce toujours, à l’hôpital comme en libéral. Des mesures dérisoires ont été mises en place : présence d’un soignant, consentement écrit. Comme si cela suffisait à effacer les accusations de viol et de maltraitance.
L’ubuesque persistance d’un système complaisant
En octobre 2025, le comble : Émile Daraï est invité à animer une formation sur « Diagnostic et prise en charge de l’endométriose ». La Ville de Paris a beau voter des vœux pour sa suspension, l’AP-HP, l’Ordre des médecins et l’ARS restent sourds. Aucune condamnation, aucun procès en vue. Pendant ce temps, les victimes attendent. Et le professeur, lui, continue de former ses pairs, comme si les 32 plaintes et les 180 témoignages n’étaient que des détails sans importance.
L’impunité en blouse blanche
Sur Transparence Santé, on peut constater que Emile Darai est très apprécié des laboratoires. Est-il décisionnaire de certaines commandes ? En tout cas, Ziwig lui a donné 66 500 euros entre avril 2022 et avril 2023 pour ses dispositifs de diagnostic sur l’endométriose. Sanofi, Metrck, Exeltis, Astreazénéca, Intuitive Surgical, GlaxosmithKline, Laboratoire Besins International, Organon, Coloplast, ABMedica, Fluoptics le chouchoutent aussi.
Stop VOG dénonce un système qui protège les puissants. Émile Daraï, lui, conteste les accusations avec véhémence. Mais comment justifier qu’un médecin mis en examen pour viol sur mineure puisse continuer à exercer et à donner des conférences ? La justice tergiverse, les institutions ferment les yeux. Et pendant ce temps, l’impunité règne, en blouse blanche.










