Ce dimanche à Clermont-Ferrand, un homme de 34 ans poignarde plusieurs passants avant de se jeter, couteau à la main, sur les policiers venus l’interpeller. Un fonctionnaire ouvre le feu. L’assaillant est blessé, maîtrisé, hospitalisé, vivant.
Ni les victimes ni l’agresseur n’ont leur pronostic vital engagé, rapporte CNEWS. Voilà ce qu’est une riposte proportionnée au danger. Stopper, ne pas exécuter.
Ironie du calendrier, ce mardi 7 juillet, nos élus examinent la proposition de loi n°691 du député Éric Pauget (LR), soutenue par le gouvernement, qui instaure une présomption de légalité des tirs policiers. Concrètement, tout tir serait présumé nécessaire et proportionné, à charge pour les familles de prouver l’inverse.
Reporterre n’hésite pas à parler de facilitation des tirs ; Le Courrier de l’Atlas rappelle que la Défenseure des droits, la CNCDH, magistrats et avocats dénoncent un affaiblissement des garanties judiciaires.
Le bilan de la loi de 2017 devrait pourtant inviter à la prudence. Soixante-six personnes tuées lors d’interventions policières en 2024, un record datant de 1967. La vraie question, celle que le législateur esquive aujourd’hui, est qu’avant d’élargir le droit de tirer, pourquoi ne pas élever le niveau de ceux qui portent des armes, avec un recrutement plus exigeant, une formation continue au tir, et à la désescalade, ainsi qu’une habilitation renforcée au port d’arme, et un entraînement à maîtriser plutôt qu’à tuer.
Le policier de Clermont-Ferrand l’a démontré, le sang-froid et la technique sauvent des vies, celle du forcené en est une, et il répondra de ses actes devant la justice, espérons juste qu’elle fasse correctement son travail.
Une pétition dépassant les 370 000 signatures exige déjà le rejet de ce texte. Les députés l’entendront-elle ?









