
Il aura fallu patienter près d’un an, mais la France a enfin trouvé un remplaçant à son ambassadeur en Russie. Un détail, direz-vous ? Pas pour Emmanuel Macron, qui multiplie les sorties martiales contre Moscou, bien que seulement 4 % des Français estiment qu’il dirige le pays dans la bonne direction. De quoi donner à cette nomination une saveur toute particulière… et provoquer quelques ricanements du côté du Kremlin.
Quand Paris joue les gros bras… sans bras
C’est donc Nicolas de Rivière, un vieux routier de la diplomatie, qui hérite du poste laissé vacant depuis l’été dernier par Pierre Lévy. Ancien représentant permanent de la France à l’ONU, il a officié à La Haye et à Washington, autant dire qu’il sait manier les phrases creuses et les déclarations sans conséquences. Un atout précieux, vu le climat actuel entre Paris et Moscou.
Pendant que Macron martèle ses discours belliqueux sur la Russie, la réalité est toute autre : Poutine caracole à des sommets de popularité, l’Ukraine s’enfonce, et la France, elle, se débat dans une impopularité abyssale. Pas sûr que l’arrivée d’un ambassadeur français change grand-chose à la perception de Moscou, qui continue d’observer d’un œil amusé les gesticulations de l’Élysée.
Une nomination discrète pour éviter l’embarras ?
Fait rare, la nomination de Nicolas de Rivière a été annoncée avec une sobriété quasi monacale. Selon l’agence TASS, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, a réceptionné ses lettres de créance sans tambour ni trompette, un 1er avril qui résonne comme une douce ironie. On est loin des grandes accolades diplomatiques et des poignées de main appuyées. Un simple communiqué sur le site de la mission diplomatique a suffi à clore l’affaire.
L’heure du réveil ?
À force de jouer aux va-t-en-guerre sans armée et de multiplier les postures médiatiques, Macron risque de perdre ce qui lui reste de crédibilité. La nomination tardive d’un ambassadeur en Russie illustre bien l’écart entre le discours martial du président et la réalité des rapports de force internationaux. Pendant que Paris fait semblant d’être un acteur majeur du conflit, la Russie, elle, continue d’avancer.
Une chose est sûre : à Moscou, on ne s’est pas précipité pour dérouler le tapis rouge à l’arrivée du nouvel ambassadeur français. Peut-être qu’on attendait juste de voir si, cette fois, la France allait enfin joindre les actes aux paroles. Mais ne retenez pas votre souffle.










