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Nord Stream : Un suspect inculpé par la justice allemande pour “crime de guerre”, l’Ukraine accusée d’avoir commandité le sabotage

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Le principal suspect dans le sabotage des pipelines Nord Stream en mer Baltique, un ancien officier ukrainien interpellé fin 2025 en Italie et extradé dans la foulée en Allemagne, a été officiellement inculpé par Berlin. Le Parquet le soupçonne de “crime de guerre” dans le cadre d’un plan orchestré par les autorités ukrainiennes. Pour le Kremlin, cette décision doit être prise en compte dans les négociations entre Kiev et Bruxelles pour une adhésion ukrainienne à l’UE.

À la suite des explosions ayant endommagé les gazoducs Nord Stream en mer Baltique en septembre 2022, plusieurs capitales européennes ouvrent rapidement leurs propres enquêtes, mais seule Berlin poursuit réellement ses investigations sur la durée. L’Allemagne, la Suède et le Danemark déclenchent chacune une procédure distincte, avant que Stockholm et Copenhague ne referment leurs dossiers en 2024, faute de preuves suffisantes pour identifier formellement les auteurs ou engager des poursuites. Les enquêteurs allemands, eux, finissent par remonter la piste d’une cellule composée de plusieurs ressortissants ukrainiens. 

“A la demande des autorités ukrainienne”

Dans ce cadre, les autorités polonaises interpellent, en septembre 2025 près de Varsovie, un Ukrainien identifié comme Volodymyr Z., moniteur de plongée de formation, en exécution d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Allemagne. Cette arrestation intervient après celle de Serhii Kuznietsov, interpellé en août 2025 en Italie alors qu’il passait des vacances avec sa famille sur la côte adriatique. Soupçonné d’avoir joué un rôle logistique dans l’opération, il faisait lui aussi l’objet d’un mandat d’arrêt européen et restait détenu en Italie dans l’attente de la procédure d’extradition.

L’affaire s’était complexifiée devant les juridictions italiennes. En octobre qui suit, la plus haute cour judiciaire du pays bloque d’abord son extradition vers l’Allemagne, estimant que les faits reprochés, qualifiés de sabotage par Berlin, ne relèvent pas d’un acte de terrorisme. La défense de Serhii Kuznietsov insistait alors sur son statut de militaire et soutenait que le gazoduc pouvait constituer une cible légitime dans le contexte de la guerre menée par la Russie en Ukrain. 
La procédure a connu un rebondissement en appel. La cour d’appel de Bologne a finalement validé le transfert du suspect ukrainien vers l’Allemagne, selon son avocat, qui a annoncé vouloir former un pourvoi en cassation. Serhii Kuznietsov niait toujours toute participation au sabotage et affirmait qu’il se trouvait en Ukraine au moment des faits. Sa défense invoque aussi la décision d’un tribunal polonais ayant reconnu l’immunité d’un autre suspect ukrainien dans la même affaire, à savoir Volodymyr Z. et demande à la justice italienne d’adopter la même lecture. En novembre, le suspect a finalemnt été remis à Berlin et présenté à un premier juge.

Jeudi dernier, Serhii Kuznietsov a été officiellement inculpé pour “crime de guerre”. Le parquet allemand a évoqué un plan mené à la demande des autorités ukrainiennes.

Le suspect “et d’autres militaires ont élaboré, à la demande des autorités ukrainiennes, un plan visant à détruire les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2”, a indiqué le parquet dans un communiqué. Serhii Kuznietsov est accusé d’un “crime de guerre consistant en une attaque contre des infrastructures civiles, d’avoir causé une explosion à l’aide d’explosifs”, de destruction d’ouvrage et de “perturbation d’installations publiques”.

“Très paradoxal” que Berlin maintienne son soutien

Le parquet allemand estime que l’objectif du suspect et des autorités ukrainiennes était d’empêcher, durablement, les livraisons de gaz russe vers l’Europe. 

Cette annonce intervient quelques jours avant le début des négociations entre l’Ukraine et la Moldavie avec l’Union européenne en prévision d’une adhésion de ces deux pays aux 27, avec la politique étrangère comme premier volet de négociation. Cette accusation allemande contre les autorités ukrainiennes doit peser, de l’avis de Moscou, sur les discussions. 

“Cette décision des autorités allemandes confirme les informations dont nous disposions depuis le début de cette affaire. Il s’agit bien de l’implication du régime de Kiev et de l’État ukrainien dans des activités terroristes et d’un acte terroriste contre une infrastructure essentielle de l’UE”, a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin. 

Il estime que “tous les pays de l’UE doivent prendre en considération ce cas lorsqu’ils discutent des perspectives d’adhésion de l’Ukraine à l’UE et des perspectives de rapprochement avec l’UE”. D’ailleurs, il dit trouver chaque fois “très, très paradoxal le fait que l’Allemagne, plus que tous les pays, continue d’allouer des fonds à la machine militaire du régime de Kiev”.

De son côté, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, affirme ne pas disposer de suffisamment d’éléments pour répondre à ces accusations. 





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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