Un décret publié à la va-vite ce dimanche au Journal officiel… Il porte l’amende pour baignade en zone non autorisée à 68 euros. Contravention de troisième classe, verbalisation immédiate, applicable partout en France.
Selon Le Parisien, cela répond à “l’augmentation des baignades sauvages” constatée lors des récentes canicules. Les préfectures de police et d’Île-de-France ont poussé dans ce sens.
Les chiffres sont durs : 274 noyades mortelles entre début mai et mi-juillet, dont 37 enfants et adolescents, beaucoup pendant les fortes chaleurs. Personne ne nie le drame.
Mais punir toujours plus fort, est-ce la solution ?
Malgré les interdictions, les drapeaux rouges, les panneaux d’avertissement, les gens se jettent quand même à l’eau dès que le thermomètre grimpe. Parce qu’il fait trop chaud, puisqu’il n’y a pas assez de bassins accessibles, parce que l’envie de se rafraîchir l’emporte.
Apprendre à nager correctement dès le plus jeune âge. Expliquer les courants, les fonds vaseux, le risque d’hydrocution. Former les parents, ouvrir plus de spots surveillés, développer la prévention. Responsabiliser au lieu de verbaliser… n’est-ce pas plutôt le rôle de l’État ?
La Nouvelle République rappelle que le décret vise également à protéger les opérations de secours et à garantir le bon fonctionnement de la navigation fluviale.
Si un décret se signe en quelques jours, un dispositif d’information et de formation demande du temps, des moyens et de l’anticipation. Les autorités choisissent ainsi la facilité devant “l’urgence”, la mesure la plus rapide, la plus visible, mais aussi la plus répressive. Quelqu’un qui connaît son environnement, les courants ou le risque d’hydrocution en parle autour de lui, et l’information finit par circuler. Une amende ne circule pas, elle s’acquitte, et l’interdit finit par être contourné.










