
Interpellé après la disparition de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance, Jérôme Barella, 41 ans, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans, puis placé en détention provisoire. Père de deux enfants, connu de la famille de la fillette et décrit par certains témoins comme un homme ordinaire, il se retrouve aujourd’hui au centre d’une enquête criminelle encore marquée par de nombreuses zones d’ombre.
🔴 Les recherches continuent, mardi 2 juin, pour tenter de retrouver la collégienne de 11 ans, Lyhanna, portée disparue à Fleurance, dans le Gers. Le profil du suspect, Jérôme Barella, 41 ans, lui, s’affine. Il est le père d’une amie de la collégienne disparue. #JT13H pic.twitter.com/Ylfrd0voJF
— franceinfo (@franceinfo) June 2, 2026
Jérôme Barella n’était pas un inconnu pour Lyhanna. D’après les éléments rapportés par la famille et les premiers témoignages, cet homme de 41 ans était le père d’une amie de la collégienne. Les deux enfants se connaissaient, et les familles s’étaient déjà croisées à plusieurs reprises. Lyhanna aurait notamment participé, quelques mois plus tôt, à une soirée pyjama au domicile du couple. Cette proximité, banale en apparence, est aujourd’hui scrutée par les enquêteurs.
Dans le voisinage, le profil du suspect contraste avec la gravité des faits pour lesquels il est poursuivi. Certaines personnes le décrivent comme un homme « gentil » et « souriant ». Père de famille, domicilié dans le Gers, non loin de Fleurance, il présentait jusqu’ici un casier judiciaire vierge, selon les éléments communiqués.
Des gestes qui interpellent
Mais derrière cette image d’homme inséré localement, plusieurs éléments interrogent. Selon la mère de Lyhanna, le suspect entretenait une forme de familiarité avec la fillette. Elle a indiqué qu’il lui arrivait de lui apporter des goûters et que sa fille avait déjà été invitée chez lui. Après cette soirée pyjama, des gestes présentés comme des « chatouilles » auraient suscité un malaise chez des adultes. Audrey Portalié, la maman d’une petite fille qui était présente :
« Elle nous a dit : ‘C’était des chatouilles, on s’amusait, il nous faisait des chatouilles’. Pour moi, même si c’est des chatouilles de jeu, elles ont 11 ans. Ce n’est pas des choses qu’on fait à cet âge-là, je pense », témoigne-t-elle.
Un autre épisode vient renforcer les interrogations autour du parcours de Jérôme Barella. Dans le reportage de France Info (voir plus haut), la Région Occitanie indique qu’il avait été employé comme agent de maintenance dans plusieurs lycées du Gers, avant qu’il soit mis fin à son contrat en 2021 à la suite d’une procédure disciplinaire liée au signalement d’un comportement inapproprié envers une lycéenne. La Région précise également que son casier judiciaire était alors vierge. Des soupçons qui surprennent un ami de longue date du suspect, que France-Info a contacté au téléphone :
« Je suis interloqué, parce que ça ne correspond pas à la personne. Moi, je ne l’ai jamais vu avoir un geste déplacé envers un enfant. Jamais », assure le témoin.
Les recherches se poursuivent à Fleurance
À Fleurance, pendant ce temps, l’attente reste insoutenable. Les recherches se poursuivent autour des zones où l’enfant aurait pu se trouver, notamment près de la piscine, des cours d’eau et des secteurs boisés. Gendarmes, plongeurs, équipes cynophiles, drones et hélicoptères ont été mobilisés pour tenter de retrouver Lyhanna. Plusieurs centaines d’habitants ont également participé à des recherches encadrées par les autorités.
Le portrait de Jérôme Barella qui se dessine est donc celui d’un homme à double lecture : un père de famille connu localement, sans condamnation inscrite à son casier, mais désormais placé au cœur d’une information judiciaire criminelle. Les enquêteurs cherchent à reconstituer précisément son emploi du temps, ses déplacements, ses contacts avec Lyhanna et les circonstances exactes de la disparition de la collégienne.
À ce stade, une seule certitude s’impose : la justice devra établir les faits. Jérôme Barella reste présumé innocent tant qu’aucune décision définitive n’a été rendue. Mais pour les proches de Lyhanna, comme pour toute la commune de Fleurance, l’urgence demeure ailleurs : retrouver l’enfant et comprendre ce qui s’est passé ce vendredi après-midi.










