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Rachid Achachi nous ouvre les portes de l’âme russe

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Source : novembre 2025

https://www.egaliteetreconciliation.fr/Rachid-Achachi-nous-ouvre-les-portes-de-l-ame-russe-79559.html

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À l’occasion de la sortie de son livre Comprendre la Russie, des origines à nos jours chez Kontre Kulture, nous avons posé à Rachid Achachi onze questions, comme les onze tsars de Russie.

***

Comment expliquer aux Occidentaux, qui confondent tout, que Poutine n’est pas l’héritier de Staline ? Selon vous, Staline serait plutôt un Pierre Ier bis ou un Ivan III bis ?

S’il est question ici d’une certaine « élite » médiatique en occident, comme celle que l’on retrouve sur CNews, alors c’est peine perdue. Car ces derniers savent très bien que Poutine n’a rien d’un autocrate sanguinaire. Il suffit de voir son parcours depuis 1999 et même avant, pour se rendre compte qu’il s’agit en réalité de l’un des leaders russes les plus occidentalophiles.

Souvenez-vous de son désir exprimé à Bill Clinton de rejoindre le l’OTAN, ses bonnes relations avec Jacques Chirac, Gerhard Schröder et Berlusconi, le soutien apporté par Poutine à l’armée américaine dans sa guerre en Afghanistan après le 11 Septembre, les investissements massifs réalisés par la Russie à l’époque pour fournir l’Europe en énergie…

Poutine n’a jamais rêvé d’envahir l’Europe, mais il a toujours rêvé d’en faire partie. Et ce n’est qu’après plusieurs revers et humiliations qu’il s’est vu obligé d’admettre que jamais l’Occident ne considérera la Russie comme un égal. Elle sera toujours perçue par les élites politiques occidentales comme une nation de barbares, ou tout au plus comme des gallo-romains qui se doivent d’être soumis et assimilés.

Cela l’a obligé à accepter d’incarner sa destinée, celle d’être le chef d’une Russie souveraine sur le plan civilisationnel, mais qui se doit de composer avec un monde complexe, dominé aussi bien en interne qu’au niveau mondial par le paradigme occidental.

De ce point de vue, Poutine se rapproche davantage d’un empereur byzantin que d’un khan mongol ou d’un Staline.

Quant à Staline, il est évident que la figure dont il se rapproche le plus si l’on veut rester sur un registre russe, est celle d’Ivan IV. À la seule différence que Ivan IV avait, malgré sa cruauté, une conscience et une crainte de Dieu.

Mais personnellement, je le vois davantage de par sa ruse, son cynisme et sa cruauté, comme un khan mongol. De plus, n’oublions pas qu’il n’était pas slave mais géorgien.

Si elle ne l’est plus aujourd’hui, l’Église orthodoxe peut-elle être un contre-pouvoir ? Est-ce elle qui détient dans son coffre la fameuse âme russe ? Finalement, l’âme russe, n’est-ce pas tout simplement la foi ?

Elle ne le pourra que si le pouvoir russe le décide. Aujourd’hui, elle se rapproche davantage d’un instrument spirituel du pouvoir russe que d’un contre-pouvoir.

Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter aux réformes de Pierre le Grand et la castration de l’Église qu’il voyait comme un frein et un obstacle à la modernisation et l’occidentalisation de la Russie. Sans oublier la parenthèse soviétique avec les persécutions massives contre l’Église, mais aussi l’entrisme réalisé par le KGB au sein de la hiérarchie de l’église. Bon nombre de patriarches furent des collaborateurs du KGB, et qui se devaient de veiller à ce qu’aucune dissidence n’émane au sein des fidèles.

C’était peut-être le prix à payer pour que l’Église continue d’exister sur la terre russe, mais le résultat est qu’elle a perdu de son autonomie et, d’une certaine manière, de son aura.

Quant à l’âme russe, elle est plus vaste et plus profonde que la foi orthodoxe. D’ailleurs dans ce livre, je fais une archéologie de cette âme en expliquant qu’elle est l’expression de plusieurs strates (slave, paganisme, byzantisme, orthodoxie…) qui continuent jusqu’à aujourd’hui de coexister de manière synchronique.

Les Anglo-Américains tentent depuis 1990 d’allumer des foyers nationalistes dans l’ex-empire russe (dit soviétique). Cela conduit la Russie à durcir son jeu, à se renforcer donc, et à s’éloigner de l’Occident. Les Anglo-Américains ont-ils pensé ce rapprochement avec la Chine ?

Quand durant les années 1990, les anglo-américains ont commencé à déstabiliser l’ancien espace soviétique, la Chine n’était pas encore ce qu’elle est aujourd’hui. De ce point de vue, un rapprochement entre Moscou et Pékin n’était pas perçu comme un danger. Bien au contraire. Puisque dans Le Grand Échiquier Zbigniew Brzezinski explique qu’en ôtant l’Ukraine à la Russie, le centre de gravité de la Russie se déplacerait vers l’Asie, ce qui l’empêchera à tout jamais de redevenir une puissance ou un empire. Cela révèle premièrement un racisme anti-asiatique latent de la part de ces élites anglo-américaines pour qui, l’Asie ne sera jamais qu’un atelier de l’Occident, et qu’il était impensable qu’un pays asiatique puisse prétendre un jour au leadership géopolitique mondial. Mais cela s’explique aussi par l’ivresse de ce moment unipolaire, qui fit croire à ces élites que l’hégémonie anglo-américaine sur le monde était désormais définitive.

La froideur des géopolitologues anglo-saxons ne doit jamais nous pousser à occulter le poids de la subjectivité et d’une certaine irrationalité dans leur vision du monde et leur analyse.

La Russie est-elle réduite à ce dilemme : censure médiatique ou libéralisme destructeur, autrement dit la fin de l’État fort ?

Pour le dire de manière laconique, une Russie sans État fort ça s’appelle l’Ukraine. C’est la dimension chaotique des Slaves qui, en l’absence d’un État fort, finissent par se fragmenter en clans, pour se réunifier à nouveau face un danger existentiel autour d’un leader fort. C’est là toute la cyclicité tragique de l’histoire russe. Et jusqu’à présent, les Russes n’ont toujours pas réussi à trouver un juste milieu et un paradigme stabilisateur, leur permettant en même temps d’avoir un État fort pour les défendre et les unir, mais aussi un espace d’épanouissement et de liberté pour les individus qui la composent. Ajoutons à cela la dimension multiethnique du pays qui complique davantage la chose.

Cependant, je pense profondément que Poutine a réussi à démontrer que cet équilibre était possible. Mais il ne le sera réellement qu’avec l’avènement définitif d’un monde multipolaire et un repli important de l’hégémonie anglo-américaine. Car il me paraît très compliqué de le faire dans un monde où les élites occidentales ont recours à tous les moyens possibles pour vous déstabiliser et provoquer votre implosion.

On voit dans l’histoire qu’une dilatation de la Russie coûte cher, humainement et diplomatiquement, mais qu’une contraction peut aussi être dangereuse (voir la pression actuelle de l’OTAN)… Quels sont les dangers pour l’État russe aujourd’hui ?

Les dangers auxquels est confronté l’État russe sont nombreux. Le premier est d’ordre démographique. La population russe est en déclin, et ce, malgré tous les efforts réalisés par les autorités pour encourager les naissances. Et la valorisation économique d’un territoire aussi immense que celui de la Russie, réclament une abondance de main-d’œuvre et une plus grande effectivité dans la gestion du pays.

Car factuellement, la Russie a les moyens de faire vivre ses citoyens mieux que les suédois ou les danois. Mais la corruption, le déclin démographique et les défis géopolitiques imposés par les anglo-américains, rendent la tâche difficile au clan des patriotes au sein de l’élite russe. Et si l’État russe se considère aujourd’hui comme eurasiatique, il en va tout autrement de la jeunesse russe, biberonnée depuis les années 1990 à la culture et au mode de vie occidentale. Certes, ils sont fiers de leur pays et refusent la soumission, mais il y a un vrai travail anthropologique à faire pour les ré-enraciner dans leur terreau civilisationnel, celui du monde russe, sans pour autant s’interdire de s’ouvrir à d’autres cultures.

L’Église orthodoxe russe a-t-elle encore aujourd’hui ce rôle de ferment spirituel et de calmant pour le peuple ?

Tout dépend de la génération. Pour les personnes âgées de plus 50 ans, cela est relativement vrai. Mais pour les autres, ce fut le vide spirituel jusqu’en 2022, avec l’opération militaire spéciale en Ukraine, qui a créé un vitalisme au sein de la société russe, qui aujourd’hui, commence même à gêner l’État. Car si pour le pouvoir, cette guerre est avant tout une guerre défensive et un instrument pour rééquilibrer les rapports de forces avec l’Occident et affirmer la souveraineté russe, pour les « Zdistes » comme on les appelle en Russie, c’est devenue quasiment une religion, avec un Z en lieu et place du crucifix.

Le bon côté des choses c’est que cela a permis de réveiller le peuple russe en le sortant de sa torpeur et de son ancrage occidental. Mais le danger réside dans le fait que leur force, leur engagement et leur importante, pourrait compliquer la tâche de l’État russe dans ce nouveau grand jeu géopolitique mondiale, puisque, quoi qu’en puisse dire les médias occidentaux, le pouvoir russe est réaliste, rationnel et ne veut aucunement d’un Armageddon ou d’une guerre totale face à l’Occident.

La Russie balance depuis toujours entre Occident et Orient. Où est son centre de gravité ?

Son centre de gravité, elle n’a pas à le chercher bien loin. Il réside en elle-même. Pour le dire plus clairement, il réside dans sa capacité à intégrer son ombre pour reprendre un vocabulaire jungien, et à intégrer ses archétypes slaves, byzantins, mongols et européens. Car à chaque étape de son histoire, ce fut toujours un archétype qui dominait et écrasait les autres, avant de céder la place à un autre archétype. Pour cela, elle doit sortir de cette lecture binaire entre Occident et Orient, et raisonner en termes de syncrétisme. Ce que d’ailleurs Poutine a commencé à faire à partir de son discours de Munich [2007], et davantage à partir de 2014.

Le pouvoir de Poutine devient de plus en plus byzantin, là où au niveau du peuple ce n’est encore pas tout à fait clair.

Peut-on vraiment expliquer la méfiance russe actuelle envers des juifs par l’ancienne traite des esclaves due aux marchands juifs (Radhanites ou Khazars) ?

Il y a bien sûr plusieurs facteurs qui expliquent cette méfiance. La traite massive des Slaves organisée par les juifs radhanites en fait incontestablement partie. D’autant plus qu’elle fut caractérisée par une cruauté innommable. Bien entendu, il est évident que la plupart des Russes aujourd’hui ne savent pas qui étaient les Radhanites et n’ont jamais entendu ce nom. Mais dans l’inconscient collectif le plus profond du peuple russe, ce traumatisme est toujours présent, mais de manière inconsciente.

Il y a aussi l’orthodoxie chrétienne, pour qui les juifs sont un peuple déicide, et l’hérésie de Novgorod, où une secte juive rationaliste a réussi par son entrisme à infiltrer jusqu’à l’entourage d’Ivan III et la haute hiérarchie de l’Église russe, avec pour finalité de détruire cette dernière.

Au début de la guerre de 2022, les médias français (et occidentaux) ont parlé d’une armée dépassée, quasiment équipée de chars des années 40. L’OTAN a fait la même erreur que la Wehrmacht : pourquoi se trompe-t-on si souvent sur la Russie ? Est-elle à ce point difficile à cerner ?

On en revient au racisme latent des élites occidentales, qui les amènent souvent à subir des biais cognitifs de ce genre. Et là, je parle surtout des médias et des élites politiques et intellectuelles occidentales. Quant aux services de renseignement et aux états-majors occidentaux, le biais est d’une tout autre nature. Car factuellement, ils avaient raison de douter de la capacité de l’armée russe à sortir victorieuse de cette guerre par proxy. En effet, les réformes Serdioukov ont été une catastrophe pour l’armée russe. Et au niveau de la R&D, la Russie n’a plus les moyens financiers de l’Union Soviétique pour investir massivement dans le développement de nouvelles technologies et de nouvelles armes.

Mais le biais cognitif de ces experts, réside dans le fait de voir les Russes tout simplement comme des Occidentaux moins bien armés que l’Occident au niveau qualitatif. Or, les Russes ne sont pas des Occidentaux, et ils sont toujours capables d’être animés, quand la situation devient existentielle, par des sentiments et des idéaux supra-individuels. C’est d’ailleurs aussi le cas pour les Ukrainiens. Tous, Russes et Ukrainiens, se battent comme des Slaves. C’est-à-dire héroïquement et jusqu’à la mort, et souvent, dans des conditions inimaginables pour un Occidental contemporain. Cet héroïsme combiné à un certain nihilisme romantique, est la variable qui est souvent occulté par les analystes Occidentaux.

Pologne, Lituanie, Suède, les acteurs – menaçants – d’il y a plusieurs siècles sont toujours là : la nouvelle Russie les menace-t-elle vraiment ?

Concernant la Pologne, pas du tout. Pour les pays Baltes, c’est une tout autre histoire. En effet, l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, menace d’annihiler trois siècles de sacrifices et de guerres menées par le Tsarat puis par l’empire russe, pour s’offrir une fenêtre et un accès à la mer du Nord. Désormais, cette mer risque de ressembler à un lac de l’OTAN. Chose que la Russie perçoit comme une menace vitale. D’autant plus que depuis l’invasion mongole puis l’émancipation de la Russie de ce joug, la Russie se vit comme un pays menacé d’envahissement, assiégé et enclavé. Et souvent, elle le pense à raison. Sans oublier le corridor de Suwalsky, qui connecte la Russie à l’exclave de Kaliningrad en passant par la frontière lituano-polonaise, et que la Lituanie menace souvent de fermeture.

Mais sachant que les pays baltes font partie de l’OTAN, une invasion frontale semble exclue. Cependant, une guerre de type hybride est très probable. Des régions importantes de ces pays sont encore composées d’une majorité de russophones, qui, factuellement, sont combattues par les autorités des différents pays baltes dans leur identité russe. Ainsi, il n’est pas exclue que, dans les années à venir, apparaissent des revendications indépendantistes dans ces régions, avec l’autoproclamation de nouvelles républiques autonomes comme dans le scénario ukrainien, et pourquoi pas, avec l’apparition de ceux qu’on appellent les « petits hommes verts », comme ce fut le cas en Crimée en 2014.

La Russie a appris la leçon, et sait maintenant comment se défendre. Et jusqu’à présent, ce sont des bases américaines qui se trouvent à quelques centaines de kilomètres de Moscou, et non pas des bases russes au Mexique ou au Canada…

Les vigies antirusses de notre Système politico-médiatique ont-elles raison de dénoncer un nouvel appétit impérial russe ?

L’ironie de la chose, est qu’ils prétendent stigmatiser un empire fantasmé, l’empire russe, comme pour cacher un vrai empire, l’empire anglo-américain.

La Russie n’a en aucun cas des prétentions impériales. Premièrement, parce qu’elle n’en a pas les moyens. Sa démographie et son économie ne le permettent pas. Deuxièmement, parce que toute la politique extérieure menée par la Russie depuis l’incursion militaire en Géorgie en 2008 jusqu’à aujourd’hui, n’a jamais visé une extension du territoire russe (je pense qu’avec plus de 17 millions de kilomètres carrés, ils n’en ontn pas vraiment besoin), mais à déjouer la stratégie d’étouffement imposée par les Américains.

Et le pire, c’est que ces cerbères médiatiques de l’empire judéo-anglo-américain savent qu’ils mentent ouvertement, et que leurs mensonges, contribuent à la marge à prolonger une guerre qui a jusqu’à présent coûté la vie à des centaines de milliers de Slaves, pour servir les intérêts des élites à Washington et à Londres.

Le seul espoir réside dans le fait qu’une partie importante des citoyens européens, comprend la manipulation mais n’ose pas encore ouvertement la dénoncer.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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