À Cordemais, près de Nantes, un pavillon des années 1970 sans isolation est devenu une maison bioclimatique en deux ans et demi de travaux. Terre crue, chanvre local et bois brut de sciage remplacent les matériaux classiques, pour un chauffage à moins de 300 euros par an et des chambres qui ne dépassent jamais 22 °C, même à 40 °C dehors. Le tout pour 795 euros du mètre carré, presque deux fois moins que la moyenne d’une rénovation lourde.
Gwendal Le Ménahèze n’avait jamais bricolé avant de se lancer dans ce chantier. Rédacteur en chef adjoint de La Maison écologique depuis 2015, il a voulu passer de la théorie à la pratique et rénover, à partir de 2017, son pavillon de 111 m² non loin de Nantes, rapporte Reporterre. Isolation extérieure, nouvelle toiture et redistribution des pièces ont rythmé ce chantier, mené en partie en autorénovation avec l’aide de son conjoint et de leurs proches, sur deux ans et demi.
Le chauffage repose sur un poêle à granulés unique, associé à une isolation extérieure et une orientation sud-ouest qui font circuler la chaleur dans toute la maison. Le bois coûte moins de 300 euros par an, et la facture totale atteint 755 euros avec l’électricité, fournie par un fournisseur renouvelable. Un chauffage électrique classique reviendrait à 1 200 euros annuels selon Gwendal Le Ménahèze, contre 1 900 euros par an avant travaux, rien que pour le chauffage et l’eau chaude.
L’été, la maison se passe de climatisation. Même quand le thermomètre grimpe à 38 ou 40 °C dehors, «on dépasse jamais les 22 °C dans les chambres», assure Gwendal Le Ménahèze. Seule la mezzanine, sous les combles et moins bien isolée, a tendance à surchauffer.
Les cloisons en terre crue, entre le salon et le couloir, sont la fierté du propriétaire. La terre, récupérée sur un chantier de terrassement à trois kilomètres du village, n’a coûté que 20 euros pour quatre mètres cubes. Le chanvre utilisé pour l’isolation extérieure, fourni par un agriculteur local, revient à 10,10 euros le mètre carré isolé. La filière chanvre française reste modeste mais stable, avec 17 000 hectares cultivés, quatre transformateurs majeurs et des prix inchangés depuis 2022, selon un comparatif publié par Paille SA.
Au total, la rénovation a coûté 88 243 euros, soit 795 euros le mètre carré, mobilier et terrasse compris, contre 1 500 euros le mètre carré en moyenne pour une rénovation lourde. Le prix à payer a aussi été personnel, avec sept mois à temps partiel pour Gwendal Le Ménahèze et un an passé avec son conjoint dans une caravane sur le chantier. Ce choix tranche avec la tendance nationale. Rien qu’entre le 15 et le 28 juin 2026, 1,8 million de ventilateurs et 160 000 climatiseurs ont trouvé preneur en France lors des vagues de chaleur, rapporte Journal du Net.










