Le ministère de la Culture a annoncé la suspension de Pierre-Olivier Costa de ses fonctions de président du Mucem. En poste depuis novembre 2022 et ancien directeur de cabinet de Brigitte Macron, le dirigeant du musée marseillais est écarté à compter d’aujourd’hui, 1ᵉʳ juillet. Officiellement, cette mesure est prise « à sa demande et à titre conservatoire » afin de « rétablir un climat de confiance » au sein de l’établissement, dit-on. Une formulation bien discrète qui oublie quelque peu les raisons exactes de la mise à l’écart.
L’affaire remonte à septembre dernier, lorsqu’un agent du Mucem a saisi la cellule anti-harcèlement du ministère, accusant le président de harcèlement sexuel et moral. Un dossier suffisamment sérieux, qui a tout de suite donné lieu à une enquête de l’Inspection générale des affaires culturelles, élargie au climat social de l’établissement. En mars déjà, le parquet de Marseille avait ouvert une enquête judiciaire.
Interrogé par France Inter, Pierre-Olivier Costa bottait en touche en assurant : « Il n’y a pas de plainte à mon encontre ». Cette petite nuance juridique n’a pas suffi à calmer la fronde, la CGT réclame depuis des mois sa suspension provisoire, une revendication désormais satisfaite par cette décision conservatoire.
Et ce n’est pas qu’une première alerte. En 2023, le management de M. Costa était déjà critiqué en interne, accusé entre autres de « mettre à mal le projet scientifique » du musée, avec des soupçons de méthodes « parfois toxiques » imputées à deux conseillers de son choix. Grèves, et courrier d’alerte de la médecine du travail en 2024 avaient déjà marqué une dégradation progressive du climat. L’intérim sera assuré par Anne-Marie Le Guével, inspectrice générale des affaires culturelles.










