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Telegram dans le viseur de Canberra : l’Australie ouvre un nouveau front judiciaire contre la plateforme

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Après les poursuites engagées en Russie contre Pavel Durov, c’est au tour de l’Australie de s’attaquer à Telegram. Le régulateur australien de la sécurité en ligne, l’eSafety Commissioner, a saisi la justice fédérale, accusant la messagerie de ne pas avoir retiré dans des délais raisonnables plusieurs contenus à caractère terroriste, malgré des signalements répétés. Si les faits sont établis, Telegram pourrait être sanctionnée d’une amende pouvant atteindre 54,6 millions de dollars australiens, soit un peu plus de 30 millions d’euros.

L’affaire porte sur des publications diffusant des vidéos d’exécutions, de fusillades de masse et d’autres contenus faisant l’apologie du terrorisme. Selon les éléments présentés par le régulateur, plusieurs signalements effectués par des utilisateurs australiens entre juillet et octobre 2025 n’auraient pas été suivis d’effet. Certains contenus seraient ainsi restés accessibles pendant plusieurs semaines.

D’après Le Monde, les autorités australiennes reprochent également à Telegram de ne pas avoir suspendu les comptes et canaux à l’origine de ces publications. Le dossier mentionne notamment des contenus liés aux attentats de Christchurch en Nouvelle-Zélande en 2019 ainsi qu’à la tuerie de Buffalo, aux États-Unis, devenus des références récurrentes dans les sphères extrémistes en ligne.

Telegram conteste ces accusations. Un porte-parole de l’entreprise affirme que la plateforme mène une politique active de lutte contre les contenus terroristes et assure que des milliers de communautés extrémistes ont été supprimées depuis le début de l’année. La société indique qu’elle défendra sa position devant les tribunaux australiens.

Cette nouvelle procédure intervient alors que la pression s’accentue sur Telegram dans plusieurs pays. La plateforme, qui revendique plus d’un milliard d’utilisateurs mensuels, est régulièrement critiquée pour son équilibre entre protection de la vie privée et modération des contenus. Son fondateur, Pavel Durov, fait déjà l’objet de procédures judiciaires dans plusieurs juridictions, alimentant un débat plus large sur la responsabilité des grandes plateformes numériques face aux contenus illicites.

L’Australie fait partie des États ayant renforcé leur arsenal législatif ces dernières années pour contraindre les réseaux sociaux et les services de messagerie à agir plus rapidement contre les contenus violents. Le régulateur estime que les plateformes doivent intervenir dès lors qu’elles sont informées de la présence de contenus terroristes, faute de quoi elles s’exposent à des sanctions financières importantes.

Cette affaire pourrait constituer un nouveau test pour la capacité des autorités nationales à imposer leurs règles à des plateformes opérant à l’échelle mondiale. Elle illustre aussi le durcissement progressif de la régulation numérique.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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