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“Tout le monde savait. Tout le monde. Mais il était intouchable.”

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Une ado de 16 ans face à une star de 32 ans : vraiment, rien à interroger ?

Flavie Flament a choisi RTL pour parler longuement, en direct, de la plainte pour viol qu’elle a déposée contre Patrick Bruel. Face à Thomas Sotto, l’animatrice a expliqué pourquoi elle s’exprimait maintenant, après plusieurs jours de réactions publiques, de démentis et de prises de position autour des concerts du chanteur.

Dès le début de l’entretien, elle pose le cadre : elle a attendu que le bruit médiatique retombe un peu avant de parler. Sa phrase résume son état d’esprit :

« On ne parle pas dans le bruit. Il y a Lio et il y a tant d’autres qui le disent. On le savait, tout le monde le savait. Tout le monde. Je pense que tout le monde s’accommodait avec cette vérité, parce qu’il était une star et qu’il était alors intouchable. Il était intouchable parce qu’on le rendait intouchable. ».

Selon elle, prendre la parole plus tôt aurait rendu son témoignage inaudible, noyé dans les commentaires, les réactions et les attaques.

La plainte vise des faits que Flavie Flament situe en 1991. À l’époque, elle avait 16 ans. Patrick Bruel en avait 32, comme le rappelle Thomas Sotto pendant l’entretien. L’animatrice raconte avoir rencontré le chanteur dans le cadre d’un plateau télé, avant de se retrouver quelques mois plus tard dans son appartement parisien, rue Jussieu. Elle dit qu’il lui aurait proposé un thé, puis décrit un trou noir. Elle explique s’être réveillée ensuite, désorientée, le corps incapable de répondre, pendant que Patrick Bruel lui remettait son pantalon.

« J’ai bu ce thé et après j’ai sombré dans un trou noir, ce que j’appelle le black-out. Je me suis réveillée, mon esprit s’est réveillé, mon corps ne répondait pas. Quand j’ai ouvert les yeux, je l’ai vu. Il était en train de me remettre mon pantalon, comme une poupée. J’étais dans le gaz, j’étais morte. Mon esprit est en panique et mon corps ne répond pas. Il était en train de remettre mon pantalon comme on habille un mort. »

Patrick Bruel conteste fermement cette version. Dans un message publié sur Instagram et repris par Le Parisien, le chanteur affirme : « Cette histoire est fausse ». Il reconnaît une brève relation avec Flavie Flament, mais nie tout viol, toute contrainte et toute drogue. Ses avocats parlent d’une relation consentie, ce que Flavie Flament rejette totalement.

Sur RTL, l’animatrice répond sans détour : « Je n’ai jamais eu de relations sexuelles consenties avec Patrick Bruel ». Elle affirme ne l’avoir vu qu’une seule fois dans cet appartement lorsqu’elle était adolescente, puis uniquement dans le cadre de ses émissions de télévision. Pour elle, la version avancée par la défense a changé au fil des jours : d’abord une relation épisodique, puis une relation sur plusieurs années, puis des vacances évoquées par certains récits.

Flavie Flament dénonce aussi la manière dont elle estime être attaquée depuis sa plainte. Elle parle d’une stratégie destinée à la faire passer pour consentante, alors qu’elle dit avoir été mineure et victime. Elle qualifie les propos tenus contre elle de « diffamation absolument épouvantable ». Elle indique que ses avocates étudient les suites judiciaires possibles contre certaines déclarations publiques.

L’entretien revient aussi sur un épisode datant de 2006. Flavie Flament raconte avoir croisé Patrick Bruel dans un couloir, en marge d’un tournage. Elle dit avoir tout fait, jusque-là, pour ne jamais se retrouver seule avec lui. Ce jour-là, selon son récit, il l’aurait prise dans ses bras avant de lui murmurer : « Tu te souviens ? ». Elle affirme que cette phrase aurait ravivé ce qu’elle dit avoir vécu quinze ans plus tôt.

L’animatrice affirme également que le dossier ne se résume pas à un face-à-face entre elle et Patrick Bruel. Sur RTL, elle évoque plus de dix plaintes regroupées au parquet de Nanterre et parle d’une trentaine de femmes qui se seraient exprimées. TF1 Info rapporte de son côté qu’au moins dix plaintes ont été déposées en France et que plusieurs enquêtes sont en cours, dont une en Belgique. Patrick Bruel nie l’ensemble des accusations et bénéficie de la présomption d’innocence.

« Depuis une semaine, tout le monde est concentré sur un parole contre parole, comme si j’étais seule contre Patrick Bruel. Je rappelle qu’il y a aujourd’hui plus de dix plaintes qui ont été déposées. Je rappelle qu’il y a 30 femmes qui se sont exprimées. C’est un raz-de-marée. Nous prenons la parole. »

Flavie Flament dit désormais se concentrer sur la procédure judiciaire. Elle ne cache pas qu’elle est prête à une confrontation avec Patrick Bruel devant la justice. Elle refuse en revanche de dire publiquement ce qu’elle lui dirait s’il était face à elle. Sa réponse est courte : elle garde cela pour le cadre judiciaire.

En parallèle, plusieurs élus ont demandé l’annulation de concerts de Patrick Bruel, tandis que des collectifs féministes réclament la suspension de ses représentations. Flavie Flament dit comprendre ces prises de position, mais affirme que sa priorité reste ailleurs : la justice, la protection des personnes qui pourraient être en contact avec le chanteur, et la possibilité pour les femmes de parler sans être immédiatement discréditées.



Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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