
Rapporteur de la commission d’enquête, le député Charles Alloncle (UDR) a demandé au représentant de la Cour des comptes s’il avait retardé la publication de son rapport au 23 septembre 2025 pour ne pas nuire à la reconduction de Delphine Ernotte à la tête de France Télévision le 14 mai. Un mail aurait été envoyé à la Cour des comptes pour faire pression en ce sens. Le rapporteur n’a pas obtenu de réponse précise au sujet de ce mail.
Nommée à la tête de France Télévision par l’Arcom — dont le président est nommé par le président de la République —, Dephine Ernotte avait soigneusement préparé sa reconduction à force de flagornerie envers Emmanuel Macron.
Charles Alloncle a mis en cause l’impartialité de Thomas Legrand et de Patrick Cohen en tant que journalistes de chaînes publiques. Il a même presque atteint le point Godwin et un total manque de courtoisie en demandant à Patrick Cohen combien il gagnait, pas seulement à France Télévision, mais aussi chez Mediawan (société privée qui a reçu 50 millions de la Banque Publique d’Investissement).
Cela ne se fait pas. Patrick Cohen a donc refusé de répondre et la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, lui a accordé tout son soutien.
Une commission suspendue ou supprimée ?
Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), le président de la commission qui, lui, contrairement au rapporteur, connaît les bonnes manières, a annulé les auditions pendant quinze jours jusqu’au 2 janvier, afin de retrouver un « cadre digne, sérieux et respectueux ».
« Il ne s’agit pas d’une suspension de la commission ou de ses travaux, qui reprendront », a-t-il voulu préciser. Une phrase dépourvue de sens puisqu’il est tout-à-fait logique qu’après avoir été suspendus, les travaux reprennent (à moins d’une suspension pour l’éternité, comme pour certains soignants). Que voulait-il donc dire ? Il voulait dire : il ne s’agit pas d’une « suppression »… au lieu de « suspension ». Ben voyons. Là on comprend mieux. Merci Pr Freud.
Patrick Cohen, ainsi soutenu, s’est plaint, dans une lettre ouverte à la commission, du manque d’impartialité et de rigueur du rapporteur. Comme Le Monde et Le Figaro, L’Humanité a défendu ce valeureux « journaliste de gauche » en butte à un « rapporteur d’extrême droite ».
Face à cette union de la macronie et de la « gauche », il faut un député UDR et des médias Bolloré privés pour qualifier France Télévision de coûteux instrument de propagande. Une dépense qui vient s’ajouter au milliard de la « communication de l’État » en 2024.
Une preuve de plus que les termes « gauche » et « droite » n’ont plus aucun sens pour se repérer dans le domaine (très fluctuant) de la vérité et de l’honnêteté.










