
Des violences systématiques, des sanctions dérisoires
Les faits rapportés couvrent tout le spectre de l’horreur ordinaire : harcèlement verbal, agressions physiques, diffusion d’images intimes, actes obscènes… Une palette complète de la déchéance humaine, le tout sous l’uniforme. Pourtant, à en croire les statistiques, la justice militaire israélienne a des priorités autres que la protection de ses soldats. Sur les 2 420 signalements, seulement 234 plaintes ont été déposées (dont 213 auprès de la police militaire et 21 auprès de la police civile). Résultat ? 42 mises en accusation et 21 affaires sanctionnées par des mesures disciplinaires.
La grande majorité des cas — 59 % — a été « traitée » par la voie hiérarchique : avertissements, sanctions légères ou simples entretiens. Plus de 700 dossiers se sont soldés par de vagues « réunions de commandement ». Quant aux 71 % de signalements jugés « sous le seuil pénal », ils en disent long sur la considération que Tsahal porte à ses victimes.
Une loi pour la forme, une impunité pour la substance
Ces chiffres, aussi accablants soient-ils, ont été présentés dans le cadre d’une nouvelle loi obligeant Tsahal, la police et le service pénitentiaire à rendre des comptes à la Knesset. La députée Merav Ben-Ari, à l’origine de cette initiative, a osé qualifier la situation d’« extrêmement préoccupante ». Un euphémisme qui frise le comique, tant l’évidence crève les yeux : Tsahal ne fait rien, ou si peu, pour endiguer ce fléau.
L’armée se défend en invoquant des « dispositifs renforcés » : une ligne WhatsApp dédiée, des affiches dans les casernes, des outils technologiques pour faciliter les signalements. Elle attribue même la hausse des plaintes à une « confiance accrue » des soldats dans le système. Une explication commode, qui occulte soigneusement le vrai problème : l’impunité généralisée. Et puis, entre nous, quand on passe son temps à bombarder Gaza, on a autre chose à faire que s’occuper de quelques agressions sexuelles, non ?
Des chiffres officiels, une réalité insupportable
Les 2 420 signalements proviennent du rapport de l’unité Yohalam, relayé par les médias israéliens (N12, Israel Hayom, i24NEWS…). Aucune exagération, aucune invention : juste la froide réalité d’une institution où la violence sexuelle est devenue norme. La Knesset s’indigne, les médias en parlent et Tsahal, elle, continue de fonctionner comme si de rien n’était. Après tout, quand on est l’armée d’un État qui se dit « démocratique », on peut se permettre quelques entorses à la morale.










