
Âgé de 46 ans, l’homme est poursuivi pour le viol et l’agression sexuelle de deux frères orphelins, âgés de 12 et 15 ans, ainsi que pour la détention de près de 3 000 images et vidéos pédopornographiques.
Le double jeu du prévenu
Président de la branche française d’une organisation caritative dédiée aux enfants des rues de Manille, l’accusé dissimulait ses agissements derrière une fausse image de philanthrope. Il avait également construit de toutes pièces l’existence d’un fils fictif, prénommé Gabin.
Diagnostiqué d’un syndrome de Peter Pan, traduisant une forme d’immaturité affective, il ciblait délibérément des victimes vulnérables – en l’occurrence de jeunes « recruteurs », employés de manière informelle et précaire à interpeller les clients pour les bus locaux (les fameux jeepneys). Il exploitait leur extrême misère en leur versant quelques milliers de pesos en échange de sévices sexuels, à l’occasion de voyages annuels aux Philippines.
Déroulement de l’enquête et implications
L’enquête a été ouverte après l’envoi de messages inappropriés à une mineure de 17 ans à Marseille. Elle a mis au jour des traces numériques attestant de recherches sur le darknet visant explicitement de jeunes garçons, soulevant la question des contrôles internes au sein de la police.
Cinq associations de protection de l’enfance se sont constituées parties civiles. Si le procès se tiendra probablement sans la présence des victimes et potentiellement à huis clos, il souligne la nécessité d’une formation renforcée sur le tourisme sexuel et les réseaux pédocriminels, particulièrement actifs aux Philippines.
Le procès, qui s’ouvre ce lundi 1er septembre pour une durée de quatre jours, examinera de près le profil psychologique de l’individu, qui reconnaît partiellement les faits tout en en niant une partie. Maître Céline Astolfe, avocate de la Fondation pour l’Enfance, dénonce un « système machiavélique » et appelle à un renforcement urgent des dispositifs de prévention et de vigilance, notamment au sein des institutions en charge de la protection des mineurs.










